Friday, March 23, 2012

Avais-je blasphémé à propos Life of Brian?

Avant-propos:

Hier j'avais eu l'intention d'écrire une réponse à Yves Chiron, ce qu'il avait écrit à propos les origines de la franc-maçonnerie: plutôt des racines sociniennes que templières à lui en croire.

J'avais sauvegardé dans les blocnotes de mon compte yahoo.

Ce matin je ne retrouve plus ce texte.

En revanche, je retrouve plusieurs documentations sur le temple. Oui, j'en recherche. Non, je me serais probablement contenté de l'article sans faire des recherches si le bloc note avec l'article n'avait pas été effacé.

Mais on aurait pu me demander sous l'article - car il y a l'espace commentaires - de faire des recherches.

En plus je cherche le numéro thématique d'Historia qui m'aurait donné raison sur un point saillant et je ne le retrouve pas.

Qui est-ce qui prie au bon Dieu ou au diable pour que des choses comme ça m'arrivent?

Plus banalement: qui dans la bibliothèque publique d'information Georges Pompidou m'a hacké la session pour effacer le blocnote, hier?

Bien, il y a des réponses plus générales dans l'intentionalité. En attendant une éventuelle honnêteté qui m'étonnerait.

Les Templiers avaient un très fort sens de l'obéissance. Trop fort à mon avis. Comme St Bernard de Clairvaux, quand j'étais parmi les Orthodoxes, il était le saint Latin dont je doutais le plus sur la sainteté puisque il avait obéi à un docteur qui avait donné une ordination très contreindiqué, juste pour obéir à son supérieur qui lui ordonnait de faire la volonté du docteur. Médicalement ce n'est pas correcte de se plier à un docteur dont on se rend compte qu'il a tort et qu'il empire la situation. Et je ne crois pas que monastiquement on s'oblige à empirer son état médicale pour obéir à un abbé qui a trop de confiance en un docteur.

Il y a une ressemblance entre cette très forte emphase sur l'obéissance et ce qu'un article sur l'Institut Civitas fait en faisant l'amalgame entre "les civilisés" et ceux qui sont pour l'ordre naturel et entre "les révoltés" et ceux qui sont contre l'ordre naturel. Très peu dans le sens de St Thomas, que je sache, II-II Q 42 A 2 ad 3, et aussi très peu dans le sens d'Aristote qui identifiait la différence entre savoir-vivre politique et barbarie avec la différence entre Grecs révoltés et les "hautes civilisations" comme on les dirait aujourd'hui de Perse ou d'Égypte.

Il y a donc un courant - même parmi les tradis cathos - qui surévalue l'obéissance et sousévalue le droit ou parfois le devoir de désobéissance civique.

Notons que ceci est un paradoxe chez les quelque Léfèbvristes concernés: l'Apologia pro Marcel Lefèbvre cite des choses par St Thomas d'Aquin que celui-ci écrivait contre les abus du pouvoir civil et les applique dans le domaine du pouvoir ecclésiastique.

Alors, en attendant mes réponses à l'article d'Yves Chiron et à l'article par Rodolphe Chrétien Lepage* regardons un article que j'avais voulu écrire avant, qui s'était égaré dans les blocnotes, et qui est l'apologie pour mes trois jours de rigolade face à un blasphème sournois caché, décélé comme blasphème malhabile par moi ou pour la grâce que j'ai eu, et face à un film communément considéré comme blasphème dont une autre lecture, à mon avis non blasphème, me donnait des sourires pieux.

Mais quand aux gens qui prient ou intrigent pour que mes écrits s'arrêtent jusqu'à ce que je sois mieux documenté, c'est franchement dégueu. On peut très bien trouver tel ou tel de mes articles bidon, mais alors c'est à la communauté de mes lecteurs et à chacun d'en tirer les conséquences, alors c'est peut-être même à la justice de tirer des conséquences, et celle-là civile ou ecclésiastique, mais ce n'est pas la vocation des gens qui prétendent faire un service public équitablement de priver quelqu'un sournoisement des avantages impliqués.

Ce n'est même pas juste si l'homme en question avait attaqué tous les services publics en bloc, tandis qu'en réalité j'ai attaqué, d'abord quelques-uns plutôt que quelques autres (avortement, contraception et psychiatrie plutôt que service médicale normale gratuit, école obligatoire plutôt qu'école gratuite mais volontaire et plutôt que les bibliothèques), ensuite je plains la partie du public qui croient payer impôt pour le bien commun tandis que c'est en réalité pour le mal du public.

C'est dommage et c'est inexcusable de ma faire ce genre de jeux. Inexcusable, car ce n'est pas probable que d'un jour au lendemain on commence une chasse aux Templiers sur le modèle d'une chasse aux sorcières selon les études qui prétendent que les sorcières étaient innocents. Même pas avec un article anti-templier par moi. Et c'est dommage, car ce sont des essais que j'écris. Des essais comme des essai, et non comme des "essais" académiques. Encore moins des fatwas ou définitions de foi, je ne suis pas un évêque ni même un prêtre. Le genre est reputé pour sa spontanéité, et on me prive du plaisir que normalement j'éprouve en écrivant. Item pour les sorciers ou mauvais prêtres qui prient le diable ou le bon Dieu pour que je me corrige plus souvent: car le fruit de leurs efforts spirituels est que je fasse davantage de fautes de frappe qu'après j'aurais à corriger.

Alors, à mon article que je viens d'étoffer ajourd'hui!

Les trois jours de rigolade, mon regard sur Life of Brian comme mémorisé alors, face au contenu réel du film**:

"Brian Cohen is born in a stable a few doors from the one in which Jesus is born, which initially confuses the three wise men who come to praise the future King of the Jews."

Initially. C'est à dire, après ils cherchent le vrai Messie, Jésus. Et rien de ridicule sur Jésus, ni sur sa très sainte Mère.

On peut dépasser le fait pour chercher l'intention en deux sens. L'un a été calculé comme une réaction probable: l'intention serait de viser quand même Notre Seigneur et Notre Dame. Mais quoique cette réaction a été calculé, sans aucun doute, il n'a pas été confirmé directement dans le film, plutôt nié.

L'autre sens est: si le filme montre Brian Cohen comme une autre personne que Notre Seigneur, c'est qu'un autre est vraiment visé. Telle est la piste que j'ai suivi en 2007 et trouvé très vite. Brian=Bryan. Cohen=Sacerdos. Le visé pourrait être M. l'Abbé Bryan Houghton. Et la chose visée dans cette scène est sa prêche contre la missa versus populum: les rois mages se sont tourné pas envers nous, pas envers un prêtre catholique non plus, mais envers Notre Seigneur, alors il nous convient de nous tourner envers Notre Seigneur, fidèles et prêtre ensemble, pour ne pas adorer quelqu'un d'autre.

"Brian grows up an idealistic young man who resents the continuing Roman occupation of Judea. While attending Jesus' Sermon on the Mount, Brian becomes infatuated with an attractive young rebel, Judith."

Il y a la thèse de l'Église occupée. Le fait que le mobile de Brian dans le film s'appelle Judith rappelle en plus Le Mariage de Judith par ... M. l'Abbé Brian Houghton (pas exactement dans la même forme que par un sédisvacantiste, mais il a dit des choses sur des évêques et des séminaires ...). Le fait qu'il ne prêche pas mais écoute seulement le Sermon sur la Montagne souligne encore une fois que - tant que l'on se tient au fait sans le dépasser pour chercher l'intention - le visé n'est pas Jésus Christ. Le fait que sa démarche ensuite est contraire au Sermon sur la Montagne pourrait indiquer un désaccord avec Bryan Houghton sur la charité chrétienne en fondant ou cofondant la Latin Mass Society.

"His desire for her and hatred for the Romans lead him to join the People's Front of Judea (PFJ), one of many fractious and bickering independence movements, who spend more time fighting each other than the Romans."

Comme les diverses Traditionnalistes qui s'engueulent plus mutuellement - sédisvacantistes, FSSPX avec Le Barroux et Bryan Houghton (encore unis jusqu'en 1988, rappelons-le), Palmariens, Abbé de Nantes, Jean-Grégoire XVII, Little Pebble .... Quoique dans la scène "What have the Romans ever done for us?" c'est Brian qui défend Rome.

"After several misadventures, and escaping from Pontius Pilate, the fugitive winds up in a lineup of would-be mystics and prophets who harangue the passing crowd in a plaza. Forced to come up with something plausible in order to blend in and keep the guards off his back, Brian babbles pseudo-religious truisms, and quickly attracts a small but intrigued audience.

"Once the guards have left, Brian tries to put the episode behind him, but he has unintentionally inspired a movement. He grows frantic when he finds that some people have started to follow him around, with even the slightest unusual occurrence being hailed as a "miracle"."


C'était pas une scène dont je me souvenais à l'époque.

Par contre, il y a une scène semblable en Forrest Gump. Là j'ai trouvé ça frôlant le blasphème, et je n'ai pas rigolé du tout.

Ça aurait donc pu être un regard blasphème sur le Christianisme, comme aussi un passage dans ce film où le héro passe trois ans parcourant les États-Unis et fonde par une réplique le smiley répandu chez les adulateurs, mais ce n'était une scène dont je me souvenais dans Life of Brian.

L'allégation par insinuation à la fois blasphème et erronée est facile à rebuter: les disciples ont passé trois ans avec Le Seigneur et n'ont pas eu la possibilité de passer d'écouters en enseignants sans avoir un cours supplémentaire de 40 jours.

"After slipping away from the mob, Brian runs into Judith, and they spend the night together. In the morning, Brian opens the curtains to discover an enormous mass of people outside his mother's house, all proclaiming him the Messiah (Brian's mother, loudly protests: 'He's not the Messiah he's a very naughty boy'). Appalled, Brian is helpless to change their minds, for his every word and action are immediately seized as points of doctrine."

Une situation qui me rappelle la mienne - telle que je soupçonne qu'elle soit derrière mon dos.

Sauf qu'il s'agit de mauvaises citations, et serait facile - si j'ai des vrais adulateurs avec telle stupidité - à corriger avec des réelles citations de mes blogs. Autrement l'envers: si je doute sur telle chose (par exemple la papauté ou l'exclusion des orthodoxes de la vrai église) on me prend à tort et à travers comme c'était un point de vue que j'exigeais de mes lecteurs ou essayerais à imposer aux Tradis. La scène avec Judith, je m'en rappelais pas les jours que je rigolais.

La situation me rappelle aussi Mussolini le jour de Ste Géneviève 1925: il proclame sa volonté d'assumer les éventuels crimes des fasci di combattimento devant un tribunal de justice, et ensuite ses mots sont salués avec beaucoup d'applaudissements, mais les parlemantaires qui s'en auraient prévalu avaient déjà fait la secession de l'Aventin.

Aurait-il eu une impasse semblable, l'Abbé Houghton? Quand il se fait pionnier du dumpster diving, il me semble qu'il ait pu profiter d'un suivi sournois de quelque réseau. Ce n'est pas parfaitement dans les faits quottidiens de trouver de quoi faire un diner après de fouillir une poubelle (précisons qu'il l'a sans doute fait avec beaucoup d'hygiène, il n'a certes pas dégradé l'endroit de la poubelle derrière lui).

"Neither can the hapless Brian find solace back at the PFJ's headquarters, where people fling their afflicted bodies at him demanding miracle cures."

Je me demande si l'Abbé Bryan Houghton ait eu des gens comme ça? D'ailleurs, c'était pas l'aspect que je visais.

La scène fameuse - "Romani ite domus" ensuite corrigé en "domum" - n'est plus cette fois sur la wikipedia. C'était par contre un des clefs de mon interprétation.

  • a) Le fait de fonder Latin Mass Society a été apperçu comme un acte de défiance envers Rome (Paul VI) comme Romani ite domum aurait été envers la Rome impériale.
  • b) Ce défi de la réforme venant de Rome se formule quand même en Latin (Brian Cohen n'a pas écrit en aramaïque)
  • c) Abbé Houghton accepte des ordres là-dessus de Rome, en démissionant de sa paroisse, comme Brian Cohen accepte une correction grammaticale.


"After sneaking out the back, Brian finally is captured and scheduled to be crucified."

Abbé Houghton n'a pas été cloué à une croix pour mourir, c'est vrai, mais il a fait une chose que lui-même il appelait "porter sa croix" comme Notre Seigneur l'a demandé, dont je reparlerai à tout alors. Dans ce propos:

"One of the most controversial scenes was the film's ending: Brian's crucifixion. Many Christian protesters said that it was mocking Jesus's suffering by turning it into a 'Jolly Boys Outing' (such as when Mr Cheeky turns to Brian and says: 'See, not so bad once you're up!'), capped by Brian's fellow sufferers suddenly bursting into song. This is also reinforced by the fact that several characters throughout the film claim crucifixion is not as bad as it seems, such as when Brian asks his cellmate in prison what will happen to him, he replies; 'Oh, you'll probably get away with crucifixion.' and when Matthias, the old man who works with the PFJ dismisses crucifixion as 'a doddle' and says being stabbed would be worse. The director, Terry Jones, issued the following riposte to this criticism: 'Any religion that makes a form of torture into an icon that they worship seems to me a pretty sick sort of religion quite honestly'.[6]"

Le satire contre les chrétiens est là, mais contre le fait que des hommes très confortables peuvent dire "on a tous une croix à porter" surtout. J'avais pourtant une autre lecture ces trois jours de rigolade.

"Meanwhile, a huge crowd has assembled outside the palace. Pilate (together with the visiting Biggus Dickus) tries to quell the feeling of revolution by granting them the decision of who should be pardoned. The crowd, however, simply shouts out names containing the letter 'R', in order to mock Pilate's mispronunciation. Eventually, Judith appears in the crowd and calls for the release of Brian, which the crowd echoes, since the name contains the letter 'R'. Pilate then agrees to 'welease Bwian'.

The order from Pilate is eventually relayed to the guards, but in a moment parodying the climax of the film Spartacus, various crucified people all claim to be 'Brian of Nazareth' (one man shouting 'I'm Brian and so's my wife') and the wrong man is released."


Là, j'avais oublié, ça ne rentrait donc pas en mon analyse d'intention. Rappelons, il ne s'agit selon ma vue pas de dépasser un fait blasphème en cherchant l'intention que de chercher une autre intention que celle de blasphémie dans un fait qu'à l'époque je ne croyais pas blasphème.

"Various other opportunities for a reprieve for Brian ..."

Y compris celle où il y a la question "Crucifixion or the Lions? Just joking, it is crucifixion for everybody!" - autre scène clef dans mon interprétation.

Mgr Léfèbvre a été "jeté devant les lions" tandis que M. l'Abbé Houghton a "porté sa croix" silencieusement. Ce qui ne veut pas dire que Mgr Lefèbvre n'ait pas eu de croix à porter ("crucifixion for everybody").

"...are denied as, one by one, his 'allies' (including Judith and his mother) step forward to explain why they are leaving the "noble freedom fighter" hanging in the hot sun. Hope is renewed when the Judean People's Front come charging towards the Romans, but fail to rescue Brian, as they are a suicide squadron, and kill themselves rather than dying in battle. Condemned to a long and painful death, Brian finds his spirits lifted by his fellow sufferers, who break into song with "Always Look on the Bright Side of Life ".[4]

Selon la théologie tant Tridentine que Patristique et Pauline, dans l'Eucharistie Notre Seigneur est présent comme sacrifié, comme à Golgotha. Mais il n'y meure pas. Il nous y assume et nous non plus nous ne mourons pas, sauf à nous-mêmes. Donc, la crucifixion de Brian (le curé célébrant) et ses amis (les autres fidèles présents à la sainte messe) est non-sanglante et personne n'y meurt.

Ajoutons qu'il y a des lignes dans la chanson dont je ne me souvenais pas, ceux-là qui m'ont fait réconsidérer cette allégorie comme pas tellement l'intention de Monty Python que celle du bon Dieu de préserver les compatriotes de l'Abbé Houghton de faire un vrai blasphème en faisant une intention plus probable que le blasphème à chercher, pour ceux qui dépassent les faits. Car Malcolm Muggeridge - maître à penser pour Mgr Williamson - a du dépasser les simples faits et chercher une intention comme "Brian Cohen est dans le film Jésus, malgré les indications contraires" pour y trouver un grossier blasphème.

Ajoutons aussi qu'il y a cruauté spirituelle, que j'ai aussi déploré, de chercher a faire rigoler des gens d'une chose qui n'est pas blasphème en les faisant chercher une intention et dépasser les faits de la façon faite par ceux qui "rigolent de Jésus" en regardant le film.

L'autre côté des trois jours, Qumrân par É. Abécassis:***

Il y a deux façons de rigoler du fait que qqc est un blasphème. Si le blasphème est ouvert, on rigole avec le blasphémeur, on rigole de Dieu. Si le blasphème est sournois, on rigole plutôt avec Dieu du blasphémateur ou de la blasphématrice: puisque incapable de cacher le fait de blasphemer.

En guise de conclusion:

On me compte comme "revolté". On a cherché des fautes avec moi. Entre autre on les à trouvés ou reçus dans cet aveu des trois jours de rigolade. Je prétend qu'en me tamponnant comme ayant sympathisé avec le blasphème ou excusé le blasphème ou participé dans le blasphème, on m'a fait du tort. Et on l'a fait pour avoir une excuse à ne pas me trouver suffisemment "civilisé" pour que je vaille la peine de lire, comme essayiste.

Hans-Georg Lundahl
BpI, G. Pompidou - Paris
23-III-2012

*Considérations aristotéliciennes sur la Révolution
Écrit par Rodolphe Chrétien Lepage
Article tiré du numéro 16 de la revue Civitas (juin 2005) : La Révolution.
http://www.civitas-institut.com/content/view/406/27


**http://filolohika.blogspot.com/2010/05/let-us-let-cat-out-of-bag.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Monty_Python's_Life_of_Brian

***http://filolohika.blogspot.com/2010/05/mais-quel-chutzpa-ca-ma-fait-rigoler.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Qumran_(roman)

Friday, March 16, 2012

L'Article Genèse, DTC, signé E. Mangenot

Un E. Mangenot nous cite d'abord quelques principes avec une ingresse que je trouve moins exacte que l'énumération même des principes. Celle que je donnerais ensuite, avec mes commentaires.

Nous ne prétendons pas toutefois que Moïse a écrit le livre de la Genèse, de la première à la dernière ligne. Depuis le XIe siècle de notre ère au moins, des savants juifs et chrétiens ont admis que quelques additions avaient été faites à l'œuvre primitive:


J'interromps la citation pour faire l'énumération avec commentaires intercalés.

  • "des modifications y avaient été introduites comme gloses ou explications de termes difficiles ou changements de termes anciens en termes plus récents"
    En soi et théologiquement possible, dès que soit les termes originaux soit leurs équivalents en d'autres termes sont sauvegardés: on ne change pas le sens en échangeant le mot equus pour caballus des que caballus veut déjà dire cheval et rien d'autre. De l'autre part très difficile à décéler. Car dans l'exemple latin on juge sur l'ancienneté ou la récence des termes à partir des dates des œuvres. Donc on ne peut pas commencer la démarche inverse entre les parties d'un livre qui est reputé le plus ancien dans le corpus d'une langue.

    Quand aux gloses qui dirait que Moïse n'ait pas pu les y mettre lui-même?

    Edito: des changements qui impliquent le perte d'une partie du texte semblent exclus dès que Notre Seigneur a dit: iota unum non peribit.
  • "enfin au cours des siècles, des fautes de transcription de la part des copistes inattentifs ou maladroits y ont pénétrée et y sont demeurées."
    Dans tous les éditions accessibles? Non. Sauf si l'erreur textuel n'en est pas quand à la vérité. On change une forme verbale simple en intensive (une distinction qui existe dans les langues sémitiques, dont l'Hébreu de Moïse) et la chose était réellement aussi digne d'un intensif, quoique Moïse en modeste l'ait mit en forme simple, ça passe encore.

    Edito: perte de lettres semble exclu, par le même texte du Seigneur.*
  • "D'autre part, Moïse a pu se servir de sécrétaires, qui travaillaient sous ses ordres, sa surveillance et sous sa responsabilité, par conséquant en son nom, ..."
    Ça passe. Dès que Moïse n'ait pas laissé passer une erreur.
  • "...qui l'aidaient à recueillir et à ordonner les documents et à rédiger son texte."
    Possible. Ne me paraît pas probable si Moïse l'a écrit dans le désert avec beaucoup de temps. Aurait plutôt été indiqué pour une rédaction à vitesse pressée. Par contre, il a eu d'informateurs, c'est autre chose.
  • "Enfin, écrivant sur des époques anciennes et parlant d'événements dont il n'avait pas été le témoin, Moïse a été obligé de consulter la tradition orale de sa nation et de compulser [qu'est-ce que ça veut dire comme mot?] même, s'il y en avait déjà des documents écrits, listes généalogiques, récits, poèmes et chants, etc. qu'il a utilisés et insérés même ou fait insérer dans le trame de son livre."
    Oui, mais alors c'est lui qui a vérifié la vérité de ce qu'il cite comme vérité. Et vu qu'il l'a eu sous ses yeux ou sous ses oreilles, en ayant jugé il l'a formulé de façon convenable, y compris de façon litéralement identique à sa source, s'il le trouvait exacte. S'il a réécrit une généalogie comme partie d'une œuvre plus vaste, alors il a écrit cette œuvre plus vaste et l'insertion comme parti de ça. Contrairement à Mangenot, je ne considère pas un cas comme ça comme une réelle exception à ce que Moïse ait écrit le texte - pas non plus que l'usage des sécrétaires. Il en avait certes eu comme prince d'Égypte, il en avait certes du et aussi pu s'en passer en faisant le berger de Jethro.


Voici l'énumération des principes, ensuite leur statut:

Ces principes admis par les exégètes catholiques, ont été approuvés le 27 juin 1906 par la Commission Biblique et par Pie X. Voir Denzinger-Bannwart, Enchiridion, 11e édit., n. 1998 sq.


Notons, d'après mes commentaires intercalés, je n'ai rien nié dans ces principes. Retournons à Mangenot.

Ces circonstances expliquent donc pour une part au moins les divergences du style constatées, si plusieurs mains ont travaillé à l'œuvre commune et les indices d'une époque postérieur à Moïse, si on a fait à son écrit des additions ou des modifications plus ou moins considérables et si les copistes y ont introduit des fauts plus ou moins nombreuses de transcription. Le nombre des additions et des modifications, quoique relativement peu considérable, au sentiment de la Commission biblique, n'est pas fixé, et puisque le principe est légitime, il peut être étendu autant que l'exigera une étude critique, à la fois savante et prudente.


Ces lignes sont un passage d'un article signé E. Mangenot. En effet l'article Genèse dans le Dictionnaire de la Théologie Catholique est divisé en deux, et les deux sont signés Mangenot. Mais ici il s'agit du premier, le passage est des colonnes 1195-1196, volume 6, 1e partie, Falcius à Geson. Et les emphases sont les miennes - pour marquer mes désaccords très forts.

Un principe peut être légitime comme une possibilité théorique à tître d'exception (l'insertion de gloses après Moïse, par exemple), mais devenir illégitime des qu'on prétend le nombre des applications étant tel qu'on ne puisse plus parler d'exception très rare. Si la Commission biblique avec le Pape St Pie X a fait exprès d'exprimer qu'il doit s'agir, si du tout, d'un nombre assez restreint, alors à quoi bon prétendre se reclamer de cette même Commission et de ce même Pape, comme d'une autorité véritable, si après on se sent libre à dire qu'alors il peut y avoir encore d'avantage d'ajouts post-mosaïques? Au moins Mangenot aurait été honnête en disant alors, qu'il croyait que la Commission biblique et la Pape se soient trompés.

Une œuvre transmise de manière que de contenir beaucoup des gloses postérieures à sa rédaction (identiques entre les manuscrits extants et les traductions extantes, y compris la LXX, et nul part identifiés comme gloses par le fait de se trouver dans la marge) c'est de prétendre à une transmission fautive. On n'a pas besoin d'avoir une transmission transcendente d'un texte déjà transcendant comme texte pour avoir une transmission simplement correcte. Sauf biensûr là où les versions divergent, la LXX et le texte Masorétique ne peuvent pas avoir raison tous les deux sur certaines choses, comme l'âge des patriarches quand ils ont eu leurs fils entre Adam et Noë. La transmission a pu être inégalement correcte dans les diverses traditions, sans forcément nier qu'il y ait une parfaitement correcte.

Précisons que je puise dans la sagesse d'un Clive Staples Lewis, l'essai Fernseeds and Elephants, qu'il écrivit en polémique contre des Protestants plus modernistes que lui-même. Comme Bultmann.

Hans-Georg Lundahl
BpI, rue du Renard
16-III-2012
St Clément Marie Hofbauer

*Les Edito sont ajoutés le jour de St Patrick.

Tuesday, March 13, 2012

Did Moses write all of Genesis?

I would say yes.

The two source hypothesis (Elohist and Jehovist as two sources) can be abandoned if we think of Elohist as Moses writing before Adonay-ho Kyrios spoke to him and revealed his name of the Four Holy Letters, and Jehovist as Moses writing after that time.

But are there not passages of the Elohist after some of those of the Jehovist? To be read after, according to chronological reading order, surely. But no indication of them being written after. Unless for a certain purpose, perhaps.

You see, whether you write facts about Adam and Eve as Moses did, or fiction about Susan Pevensie as C. S. Lewis did and I do, there is really no need for the writer to write all the chapters in the order he intends them to be read.

As long as his work has not been finalised by a publishing in a bound volume or on a single scroll, he is free to insert chapters anywhere between the extant ones.

The "Genèse" article in Dictionnaire de la Théologie Catholique also says that Genesis has a Hebrew language more recent than Moses could have written without retouches.

When it comes to terms and words and word usages, I do not believe such a thing can be known, except from a known chronology of works in which they occur. So, I do not believe such a statement can make sense as an argument for saying a work has been written in part or retouched in part after the stated or original writing.

When it comes to the writing system, it is however a bit obvious. Vocalisation of Hebrew has changed, and it has been written in Hivrit letters (closely similar to Canaanean or Carthaginian ones) before the Ashuri letters.

Just as surely as I have read from our poet Tegnér:

Där växte uti Hildings gård
två plantor, mellan dem ...


and surely what Tegnér actually wrote was:

Der vexte uti Hildings gård
två plantor, mellan dem ...


or maybe even (especially if printed in blackletters):

Der wexte uti Hildings gård
twå plantor, mellan dem ...


because the work Frithiof's Saga has been republished quite a few times after original publication. But such a retouch of purely orthographic and letter type nature obviously does not change the meaning of any one passage in any one chapter of any one work - except if some random mistake would have crept in.

The only conscious retouch and falsification of content I can think of is the divergence between Hebrew original for Septuaginta and Hebrew original of Vulgate with Hebrew Masoretic and also Samaritan versions. The time between creation and flood was a definite time, not two different times according to view-point, and the age of Adam when he begat Seth was a definite age, not two different ages. Either Septuaginta has been conflated or the other Hebrew versions have been deflated. I think the latter, they are all as extant younger, except Samaritan, which can have influenced them. I admit my Christian, non-Jewish loyalties quite push that point too.

Hans-Georg Lundahl
Mairie du III/Paris
13th March 2012

Sunday, March 4, 2012

L'Occident est fini, disait-il ...

... je crois que je l'ai entendu parler aussi en Arabe avec des autres.

Bon, Attila avait un peu la même impression dans le Vème Siècle. L'Empire était divisé entre l'Est sous Constantinople et l'Ouest.

La Bretagne insulaire n'avait plus des légions. Partie était déjà ravagée par les pirates Anglosaxons. Devonshire s'était dépeuplé et ses habitants avaient préféré s'enfuir, pour devenir une région celtophone dans une Gaule qui autrement était déjà latinophone. Et la Gaule elle-même, il y avait les Romains autour de Aëtius - plus tard Syagrius - les Visigoths, les Burgondes, quoi des troupes auxiliaires installées comme nouveaux maîtres dans la maison un peu partout.

En Espagne aussi il y avait des Visigoths au nord. Contrairement aux Romains très Catholiques, ils étaient Ariens. Ils croyaient que "Le Fils" ou "Le Verbe" n'était pas Dieu comme est Dieu le Père, mais juste le premier ange créé avant les autres anges.

En Italie il y avait Lombards et - Attila se rejouit - Ostrogoths: ses alliés. À Norique et Rhétie les Ostrogoths étaient déjà.

Et en Pannonie il avait son Quartier Général. La vieille dynastie Burgonde avait juste payé une visite, très sanglante des deux côtés. Ils n'avaient pas voulu devoiler où se trouvait le trésor - et faire les récherches par tout le Rhin de la région de Worms, c'était pas drôle.

Mais l'Occident était fini, car il était divisé.

Il est venu. Il a vu. Il n'a pas vaincu.

Trois ans plus tard, il est mort. Ses fils se déchirent son royaume.

Parmi ses vaincueurs il y a, à côté de tant d'autres, le petit tribu des Heruli.

Certains deviennent Chrétiens sous Justinien. D'autres vont vers les Goths Scandinaves - les Vermes de Vermlandie et les Virdes d'un district de Smålandie ont été censés avoir leurs origines parmi eux.

Mais l'Occident? Un millénaire et demi il y a des gens qui répètent la phrase d'Attila.

Et même si Attila avait plus en commun avec les Ariens, même s'il aurait sans doute plus cru dans leur pragmatisme que dans le fanatisme des autres, ce sont ces aures, les Catholiques, qui l'ont formé.

Hans-Georg Lundahl
BpI, rue de Renard
Paris
4-III-2012

Saturday, March 3, 2012

Le nouvel Offertoire fait double emploi avec le Pater de la Liturgie de la Messe

OffertoirePater
Benedictus es tu ...Pater Noster ...
...Dominus Deus Rex Universi*...Qui es In Coelis,
Benedictus es tu ...Sanctificetur Nomen Tuum
...Dominus Deus Rex UniversiAdveniat Regnum Tuum.
Nam de fructu terrae et de labore hominis tu das nobis panem vitae aeternae.Fiat Voluntas Tua Sicut in Caelo et In Terra, Panem Nostrem Quottidianum Da Nobis Hodie.
Nam de fructu vitis et de labore hominis tu das nobis calicem salutis.Dimitte Nobis Debita Nostra, Sicut et Nos Dimittimus Debitoribus Nostris, Et Ne Nos Inducas In Tentationem, Sed Libera Nos A Malo.
Benedictus sit Deus in Aeternum.Nam Tuum est Regnum et Potestas et Gloria Deus Pater et Filius et Spiritus Sanctus** Per Omnia Saecula Saeculorum.


*Ceci en Hébreux correspond à Kyrios Theos Pantokrator en Grec et à Dominus Deus Omnipotens en Latin Liturgique Classique. **Je donne la doxologie finale d'après la tradition byzantine.

What did C S Lewis think about Inquisition?

To him, as to me before I read The Name of the Rose by Umberto Eco, the Inquisition, supposedly a Roman and Spanish thing, mainly, was an obstacle to Roman Catholic conversion.

He obviously thought the Inquisition bad at least back when he wrote his Answer to Professor Haldane, not published in his lifetime, not finished, but published posthumously by Walter Hooper. He wrote he did not know why C. S. Lewis left the essay unfinished or why last page is missing.

My guess is, he returned to the example of the Inquisition, then thought he ought to consult a Catholic friend to whom the Inquisition was no problem about being Catholic. Like the very Catholic very good friend John Ronald Reuel Tolkien. He got an answer and saw he had no real case. Because Inquisitors like Bernard Guy and St Robert Bellarmine, and in some measure maybe even Torquemada, were far from what English opinion painted it out to be.

C. S. Lewis honoured Tyndale as a saint. And Tyndale was burned under Mary I Tudor. Now, was she acting on behalf of Rome or of Spain? As far as Belloc is concerned, her Spanish husband King Philip of Spain did not want it. But he allowed it since she was reigning Queen and he just Prince Consort of England and Ireland (Scotland was as yet a separate Kingdom, under Mary Queen of Scots). So, why was she doing it?

The Watchtower Society in its Readers Digest type of publication Awake! had an article about John Foxe, the martyrologist of Protestantism, first mainly of English Lollards and those inspired, like himself, by Continental Protestants - then of Western Anticatholics from 1000 to his own era. First edition, Latin, published on Continent, in Strassburg, had 212 pages. His final English edition had 2300 pages, with some 150 illustrations.

But the article writer in Awake! made it clear that the law against the Lollards was an English law, passed by the Parliament in 1401.

So, Tyndale was indeed burned by a tyranny with very supreme and not so pragmatic reasons for power - but that kind of Inquisitor came from England and from Parliament, 1401 - not from the Pope, except indirectly. It is probable that the bishop Cauchon of Beauvais, considering himself as an English subject, may have acted under the law of 1401, and that that law placed no such restrictions on powers of torture as the really Popish Inquisition did. [Not quite, he used the English procedure only after checking with the University of Paris, B B L on French and English Inquisitions] It is certain that the English one was directed against the Lollards, and that burning St Joan of Arc may have been an act of paranoid or associative or guilt by association type lollardophobia. Rejecting Lollardism is one thing, but taking her for a Lollard was bad logic.

Lollards said war was never just under New Testament, except for the case that God declared it just by special revelation. St Joan of Arc did have a special revelation declaring her war on the English in France just, but she did not believe that that was the only possibility for a Christian to take up arms, as the Lollards did.

There is also the doctrine of "just war" (just as in justified, not as in holy by itself), as exposed by Sts Augustine and Thomas Aquinas and practised against the Teutonic Order by Alexander Nevski and by Poles and Lithuanians at Grunwald.

It is related to doctrines of just self-defence - including in some cases against apparently legal state power. I say in some cases, because most of the time an apparently legal state power is at the same time legitimate and really legal state power. I say against apparently legal state power, because when state power exceeds its legitimate limits, whether against a nation invading it or against particular individuals or families invading their peaceful lives, it ceases to be legitimate and that is the occasion when it can legitimately be opposed by just self defense. That is no matter of private special revelation, but of known Catholic doctrine.

Hans-Georg Lundahl
BpI, rue du Renard, Paris
3-III-2012

Friday, March 2, 2012

L'Inquisition Anglaise n'était pas celle de Rome

Parfois quand on parle de l'intolérance, on entend par là la persécution injuste, et ensuite dans ce contexte on parle de l'Inquisition comme un malfait plus ou moins papal. Presque jamais, qu'on cite l'Angleterre. Pourtant, quand les T. de J. publient un article sur John Foxe, faire l'approche devient inévitable.

La ballade Les Neiges Dantan par François Villon contient les lignes:

Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu'anglois brulèrent à Rouen


Les Anglais? Mais l'évêque de Beauvais était quand même Français, non? Pas tout à fait comme on pense. Il était dans la partie de France qui était alors occupée par les Anglais et il se considérait sujet légitime du roi d'Angleterre. Est-ce rélévant? Très. [édito: voir ici aussi ma brève correction]Je cite l'article béatement laudateur sur John Foxe:

Comment ces martyrs [lesquels? j'y reviens] ont-ils eu accès à des extrait de la Bible en anglais? Environs 150 and plus tôt, bravant l'opposition de l'Église, John Wycliffe l'a traduite à partir du latin? Il a également formé des prédicateurs itinérants, appelés lollards, qui transportaient avec eux des parties manuscrites des Écritures pour les lire aux gens. Mais le Parlement a voulu mettre un terme à leur activité: en 1401, il a émis une loi donnant aux évêques le pouvoir d'emprisonner, de torturer et de brûler les hérétiques.


Sainte Jehanne d'Arc est brûlée sous jurisdiction anglaise moins de trente ans après cette législation anglaise. Les tourments qu'elle a subi qui l'ont forcée à une confession et rétractation fausse n'étaient donc pas selon les règles romaines pour les inquisiteurs, mais selon les règles anglaises. Merci, Réveillez-Vous!

J'avais avant pendant mes jours parmi les orthodoxes, écrit que les malfaits de la psychiatrie ont leur racine dans des dérives de l'Inquisition Espagnole. J'aurais du dire: dans l'Inquisition Anglaise.

Aussi, quand Cardinal Pole déconseille la persécution de Tyndale et ses compagnons - chose qu'on ne lira peut-être pas très tôt dans les Réveillez-Vous - parce qu'avec la mentalité anglaise ça serait contreproductif, Marie Ière Tudor s'obstine. Pourquoi? Elle voulait renouer avec Rome, non, pourquoi donc ne pas suivre les indications de Rome? Quand Vatican II proclame Dignitatis Humanae, Franco fait le contraire, et aussitôt sont autorisés les Juifs et les Musulman, les Protestants et les Orthodoxes ainsi que des manifestations schismatiques ou sémi-schismatiques ou schismatiques aux yeux de Rome de la piété catholique. J'ai été Palmarien pendant 14 mois (à distance, et je connaissais pas les pires détailles sur les dérives personnelles de Gregorio XVII, j'avais déjà fait un constat décisif pour ma rupture d'avec eux dans le domaine doctrinal quelques vingt sécondes avant d'en découvrir la nouvelle: il est décédé et son successeur - Pedro II, tout un programme - paraît normal et moral dans sa conduite personnelle) et je sais que Franco était plus libéral avec eux que Miviludes avec Les Béatitudes. Tout ça, parce qu'il obéit au Vatican, à propos Dignitatis Humanae.

Pourquoi donc, Marie d'Angleterre n'obéit-elle pas à Cardinal Pole? Pourquoi s'acharne-t-elle contre 300 hommes et femmes protestants? On a spéculé dans des motifs personnels, sa mère était la rejetée dans le divorce d'Henri VIII, mais ça ne suffit pas, si le motif personnel ne trouvait aucun appuis dans les fait ou les lois, ça aurait été caprice et tyrannie? Pourquoi, institutionnellement parlé, s'acharne-t-elle? Parce qu'elle obéit à la loi du Parlement Anglais de 1401.

Bon, revenons: quelle était l'expérience directe qui avait poussée John Foxe à rechercher sur la persécution des hérétiques? Sa femme - il avait rejeté la prêtrise après des études par le fait de ne pas être d'accord avec le célibat selon l'article et ensuite il s'est marié dans la ville même de Shakespear, Stratford on Avon - sa femme Agnes Randall donc lui a raconté l'histoire de madame Smythe et six autres - brûlés selon la loi anglaise par leur évêque, celui de Coventry.

L'arrière-histoire n'est pas sans être instructif: en 1511 74 Lollards apparaissent devant l'évêque, ils abjurent et font pénitence. L'année suivante 9, majoritairement de parmi les pénitents insincères, sont brûlés: Joan Ward qui avait abjuré en la siècle avant, et dont il y a divergences sur la date exacte de l'exécution, 1510, 1511 ou 12 mars 1512, M. Archer, Thomas Bond, M. Hawkins, Robert Hocket/Hachets, Thomas Lansdail, M. Wrigsham, les six brûlés 1519 ou 4 mars 1520, ensuite la veuve allait être déchargée sans suite, mais on découvre dans sa manche en anglais le Notre Père, les Dix Commandements, le crédo Apostolique et pour ça elle est immédiatement saisie et brûlée.

On l'appelle normalement Smith mais le document précise Smith ou Lansdail. Aimante d'un des autres hérétiques, de Thomas Lansdail? Rumeur là-dessus? Ou Smith selon le mariage avec le défunt et Lansdail parent et son nom de jeune fille? Ne le sais-je pas. Par contre, si le fait de posséder ces choses là en anglais était suspect d'hérésie, soit on avait en Angleterre très peu d'instruction catholique, soit on était bien accoutumé à les lire et apprendre en latin, avec les seuls explications en anglais. Donc, ce qu'on raconte en faveur de Tyndale et sa traduction illégale, que sans l'anglais on était coupé de la Bible, est très obviement faux.

Et donc c'est également faux que la Bible de Wycliff était la source pour les traductions anglaises possédées par Madame Smith, comme le prétend Réveillez-Vous. Probablement d'après John Foxe, qui était mieux placé de savoir la vérité et donc plus suspect que les T. de J. de mentir bien à propos. Y a-t-il d'autres indications qu'il l'ait fait? A-t-il eu un mobile? Et sans mentir, a-t-il été mieux posé pour se tromper que d'autres?

Son mariage avec Agnes Randall a lieu en 1547, après l'accès au throne du très jeune Edward VI, mis sous la tutelle desPprotestants du Privy Council. Quelques mois après le mariage il déménage à Londres, il aide à supprimer le culte de la Madone miraculeuse de Ouldsworth - un comportement de sa part qui n'est en rien justifié par la Bible, mais par la théorie purement protestante que le temps des miracles serait fini avec le décès du dernier apôtre. Théorie avec laquelle ils justifient la prétention d'avoir une mission réformatrice de Dieu sans la vérifier avec des miracles. Donc purement une chimère d'intellectuel, pour laquelle il se rend plus ou moins persécuteur, quoique non de manière sanglante. Par contre, selon Mozley, J. F. John Foxe and His Book (Londres, 1940: SPCK), il aurait essayé en vain d'arrêter deux bûchers sous le reigne d'Edward VI. Si c'est vrai, Marie la sanglante - dont il s'enfuit - a continué simplement une tradition légale de l'administration anglaise depuis 1401, ni arrêtée sous Henri VIII, ni sous Edward VI - ce qui n'est pas forcément une bonne raison, mais qui prouve que la mauvaise raison n'était pas du tout romaine. Par contre, de la suite, Foxe va essayer de coller la faute à Rome.

À Londres il aura été le tuteur des enfants et d'un petit-fils de Thomas Howard, 3ème duc de Norfolk, oncle d'à la fois Anne Boleyn et Catherine Howard, deux femmes d'Henri VIII. Après sa première femme. Celui-ci avait dispersé une première Pélérinage de la Grace contre le schisme en 1536, ensuite très brutalement supprimé le prochain en 1537. Mais il était autrement plutôt catholique, étant derrière les Six Articles adoptés par Henri VIII, il avait contribué à exécuter le ministre radicalement Protestant et anticlérical qu'était Cromwell (proche du futur pire dictateur d'Angleterre), ensuite, après l'exécution de sa nièce il fut brèvement discrédité, revenu en grace il essaie de s'ingracier avec les Seymour (proche de Catherine Parr), à suite de quoi il avait été discrédité encore une fois et forcé (dans une procédure de justice anglaise bien séculière, sans Inquisition mais avec de la torture) d'admettre haute trahison et il allait suivre Surrey sur l'échafaud (quel Caliphat d'Iznogoud, Angeleterre sous Henri VIII), mais fut gracié en partie suivant la mort d'Henri VIII. Néanmoins il restait en prison, situation dans laquelle ses enfants étaient confiés à - notre très cher John Foxe. Quand Marie I accède, elle restaure les VI articles et libère Thomas Howard, le père des élèves de celui-ci. Il ne veut pas de leur tuteur, qui est trop protestant pour lui, et le docte quitte bientôt Angleterre. Entretemps, c'est sage, car Marie I applique la loi de 1401 et Tyndale se retrouve sur le bûcher.

C'est en exile qu'il fait la première édition de son livre sur les Lollards Martyrs. Avant d'en raconter avantage faisons une excursion sur la doctrine lollarde.

Précisons, quand on parle de martyrs, ils ne croyaient pas l'eucharistie selon la foi catholique, certains le croyaient comme consubstantiation, notion acceptable selon les Orthodoxes (sauf les plus catholiques), certains étaient sacramentaires, c'est à dire niaient la réalité surnaturelle du Sacrement tout court. Et ils niaient, ce que ne feront pas les Orthodoxes, que ce Sacrement dépend de la Succession Apostolique. Même ceux dont la doctrine sacramentaire n'était pas vers le Huguenot, commettaient des abus. Ça a pu ressembler à des pires dérives de Novus Ordo. Dans ces siècles quand les nations étaient encore les disciples de Notre Seigneur, comme il avait ordonné à ses apôtres de les rendre, ceci donnait une forte indignation. Comme encore 1792 sous les Feuillantes un Huguenot qui refusait de s'agénouillir devant une procession du Saint Sacrement reçut, selon Carlyle, un coup du bout rond de la pique d'un gardien. D'où l'indignation soulevé contre les Lollards.

En plus ils étaient laïcistes en domaine de la propriété de l'église: elle n'aurait pas le droit d'acquérir des possessions temporelles à tître collectif ou parmi le clergé non astreint à pauvreté non plus qu'un franciscain l'aurait à tître personnel. En plus ils étaient très durs envers les franciscains qui comprenaient très bien la distinction qu'ils niaient. Et en plus ils prétendaient que le Parlement aurait le droit de réformer l'église (problématique pour les T de J, non, avec leur opposition à la politique religieuse de Hitler sous la II G. M.?) mais l'église devait se tenir strictement dehors de la politique comme des possessions temporels. Ils abaissaient la dignité des prêtres - contrairement à l'Église Orthodoxe. Ils attaquaient les Messes ou les Aumônes donnés pour tel ou tel défunt - contrairement à l'Église Orthodoxe. Ils rêvent au début d'une société dans laquelle les seuls artisanats sont ceux utiles, comme bâtisseur ou boucher, sans ceux plus raffinés comme orfèvre (explicitement nommé, très controversiel dans une société dans laquelle St Dunstan, un des peu de saints qui a ressuscité un mort - en son cas un payen décédé sans baptême, pour qu'il soit baptisé - est patron précisement des orfèvres) etc. Aussi très contre les coutumes des coupoles en oignon autant que les coutumes des églises Jésuites. L'Église n'étant pas une église pour les seuls parfaits (mais les Lollards disaient qu'elle l'était, contrairement aux Orthodoxes, très comme les erreurs des réformateurs et aussi celles de Baius, Jansenius et Quesnellus - de Bai, Jaansen, Quesnel), il convient que la salle de prière et de la sainte messe ne ressemble ni à une hutte de démuni, ni à un hôpital aseptique.

Si l'Église Russe réformée par Nikon en 1666 et 1667 a pu brûler Avvakoum, pour traditionnalisme liturgique un peu provincial et pour la foi continuée dans la Conception Immaculée de la Sainte Vierge, qu'est-ce qu'ils auraient fait avec quelque chose de vraiment hétérodoxe comme les Lollards? Pourtant, ni l'église de Moscou, ni celle de Rome, mais celle appliquant une loi du Parlement anglais les a brûlés de temps en temps. Comme aussi Sainte Jeanne d'Arc, qui elle n'était pas une Lollarde. Pas du tout. On a dit que les Anglais devaient être mis dehors de la France pour qu'elle ne devienne pas Lollarde, mais on peut ajouter: pour qu'elle ne devienne pas paranoïaque dans la persécution des supposés Lollards qui n'en sont pas.

Il y a une thèse des Lollards qui a pu faire soupçonner à un évêque jugeant par association qu'elle était: la dixième conclusion de 1396 ou 97 disait que toute guerre dans le Nouveau Testament était illicite "sauf par révélation spéciale" - et Sainte Jeanne avait eu une révélation spéciale. Ça prouve qu'elle était Lollarde? Non. Elle n'a jamais déclaré que telle révélation privée était la seule occasion licite de faire la guerre. Mais ça prouve qu'un évêque qui n'avait pas un bon sens de logique et de fines distinctions l'a soupçonné faussement, précisemment parce qu'il n'était pas fort en distinctions, parce qu'il voyait des Lollards où il n'y avait pas.

Je ne sais pas si Sainte Jeanne d'Arc se trouve dans le Livre des Martyrs par Foxe, auquel je reviens, mais je sais que ce livre a été complété dans l'exile, donc en absence géographique des sources anglaises - qui pour la plupart étaient en manuscrits non imprimés, et l'internet n'existait pas encore. À l'époque, Francfort sur la Meine ou Strasbourg ne sont pas des villes idéales pour poursuivre et finir une récherche sur l'histoire anglaise. Ils ne sont peut-être toujours pas idéaux, mais le désavantage est beaucoup pallié déjà par les contacts culturels à travers une imprimérie beaucoup moins chère qu'à l'époque, et encore par l'internet. Même en supposant qu'il était honnête, il n'avait pas les moyens de faire une recherche correcte. Il se trouve dans un milieu protestant où chaque opposition au catholicisme depuis l'an mil, que ça soit du passé ou de lointain, se connaît par rumeurs. Et là il édite en Latin (malgré un apologète de Tyndale donc une langue bien connue à l'époque) une première édition en 212 pages. L'an est 1554.

Au décès de Marie, il prend caution, ensuite il s'ose à retourner, il est pauvrissime, il vit sous le patronage de son ex-élève le 4e Duc de Norfolk, et la nouvelle édition est augmentée en 750 pages in folio (un format plus grand, en plus d'avoir d'avantage de pages). Je ne pense pas qu'on puisse nier qu'il ait fait le scandalisme, tout simplement pour vendre mieux, mais aussi par hargne envers les catholiques (rappelons que sa femme avait une mémoire pieuse des "Martyrs de Coventry" - ceux de 1519 ou 1520). L'édition anglaise - je suis les renseignements de Réveillez-Vous - viendra en 1563 et la prochaine en anglais en 1570. Les pages sont 1800 et ensuite 2300, avec 153 illustrations. L'édition de 2300 pages serait toute aussi fiable que même celle de 212 pages? Quelque part, je ne pense pas. Quoique, les droits-d'auteur n'existant pas, l'auteur va demeurer pauvre - mais sous un patronat fidèle.

Ironiquement en pensant de l'attitude des Lollards envers les arts et de l'attitude qu'il aura lui-même comme Puritain envers les fenêtres des églises en vitrail pigmenté, l'article dit à propos de cette dernière édition:

L'année suivante, l'Église anglicane décrète qu'on placera un exemplaire aux côtés de la Bible dans toutes les cathédrales du pays et dans les foyers des dignitaires anglicans, pour que domestiques et visiteurs puissent en bénéficier. Les églises paroissiales ne tardent pas de suivre ce modèle. Grâce aux illustrations, qui marquent profondement les esprits, même les analphabètes en tirent profit.


Les scènes de la Bible ou de Legenda Aurea, même les analphabètes en tirent profit dans les églises catholiques. Mais le Puritain John Foxe, en tant qu'homme du clergé anglican, va détruire les fenêtres d'églises. Non, ça c'était trop idolâtre pour lui! Un martyr bien connu comme St Sébastien avec une figure sereine serait idolâtrie, si on voit son martyre par les payens romains, mais un martyr inconnu jusqu'au livre de John Foxe, ou même - s'il était anglais, et localement - connu pour des choses peut-être pas si flattantes, illustrer son martyre avec des images qui mettent en valeur la brutalité des bourreaux, tous catholiques, et les moines pires que les soldats, ça ne serait ni idolâtre, ni calomniant envers les catholiques? Les scènes de crucifixion étaient les seuls qui mettaient en avant la brutalité des bourreaux et des spectateurs, et ceux étaient des deux souches ethniques et religieuses bien différentes, dont l'une, non même les deux, parmi les ancêtres des gens qui regardaient ces scènes.

Soyons précis: j'ai mon règlement des comptes à faire. Ma mère et ma soeur ont été maltraitées profondement par la psychiatrie suédoise, des années durant. Elle sont encore maltraités. Ma conversion au catholicisme a été mal vu par famille (sauf ma mère, finalement) et autres entourages, et ceci parce qu'une culture qui glorifie le Parlement d'Angleterre et maudit l'Église de Rome est préjugé. Un préjugé qui, que ça soit en Angleterre ou les États-Unis, en France de Voltaire (avec l'ajout des Huguenots) ou en Suède de pas mal de Voltairiens, est très indetté au livre de John Foxe. Mais ayant fui ce pays, on m'a en plus fait l'objet des malentendus très graves pour mes interêts en me faisant passer pour un idéaliste à la Lollarde ou à la pseudo-franciscaine, en plus de me faire passer pour ayant encore une vocation religieuse. Ça a gâché mes interêts devant les Catholiques Tradis, auxquels j'appartiens le plus étroitement par doctrine. Et pas forcément à la Communauté des Béatitudes par les moeurs, c'était par une conviction qui passait par une certaine vue de l'indéfectibilité de l'Église, et non par similitude absolu des goûts que j'étais Palmarien.

Hans-Georg Lundahl
La Clairière (asso protestante)
le 2 - III - 2012.