Monday, December 2, 2019

Théodore Bèze défenseur de la transcendance de Dieu? Serait-ce une blague?


D'abord en quel livre il venait d'être présenté comme un tel défenseur - et combien (peu) j'en ai lu.

Il paraît que Chesterton avait l'habitude très louable de lire chaque livre dont il se prononçait, et même davantage. Mais il dormait aussi très bien, dans la collection d'essais traduits en allemand, Ballspiel mit Ideen, un des essais est "über das im Bett Liegenbleiben". Sur la grasse matinée. N'ayant pas profité d'une grasse matinée ce matin, j'ai quitté impatiemment un livre bien avant de le finir, et voici lequel:

Arlette Jouanne : La Saint-Barthélémy Les mystères d'un crime d'état (24 août 1572). Je l'ai quitté à la page 39. Très impatient de répondre à un point. Voir le titre.

Il y a parmi des lecteurs certains qui sont impatients aussi. Il voudraient savoir comment je me positionne vis-à-vis le crime d'état commis par un état catholiques. Commençons par ce que j'ai appris sur Coligny avant la page 39 avec mes propres évaluations et comparaisons.

Un jour, il avait jugé 250 paysans ayant résisté en guerilla. Il les a tous tués. Un peu comme la Gestapo en raflant des résistants, eux aussi avait la fâcheuse habitude de tuer tous. Normal, leurs ordres venaient de Berlin, leurs chefs ultimes venaient de Berlin, et à Berlin se trouvaient certains de la progéniture spirituelle de Coligny, non? La paix de 1570 avait stipulé aucune vengeance de quel côté que ce soit. Donc, pas non plus des vengeances contre Coligny de la part de Catholiques, pour ce genre de massacre. C'est un peu comme si un officier de Gestapo ou de Wehrmacht avait profité d'un amnistie pour les faits pendants la guerre contre les résistants. Et certains semblaient avoir voulu insister pour que quelques coupables principaux, dont Coligny, seraient quand même punis (un peu comme certains entre Néguev et la Méditerranée avaient été très contre l'amnistie donnée de fait par Argentine, pas accordée "de la part d'Israël", à Dr. Mengele, et on l'a kidnappé pour le juger), et ceci de manière de justice sauvage, sauf qu'ordonné quand même pour le roi. ET de la suite quand Coligny est assassiné (mot dubieux, car la justice royale aurait été impliquée, en dépit des termes de la paix), certains trouvent bien de se venger sur les Huguenots tout court, un peu comme l'Épuration ou les épurations sous l'Armée Rouge font une "justice" un peu trop tueuse.

Bon, après de satisfaire ce genre de curiosité, allons aux choses sérieuses. L'auteure nous présente les raisons de haine mutuelle, et elle commence par les haines des Huguenots envers les Catholiques. Je la cite:

Pire, en croyant qu'au moment de la consécration eucharistique, au cours de la messe, le pain de l'hostie et le vin du calice devenaient le corps et le sang du Christ, ils faisaient preuve d'une crédulité qui méconnaissait gravement la transcendance divine : selon Théodore de Bèze, le principal disciple de Calvin, le corps du Christ "est éloigné du pain et du vin autant que le plus haut ciel est éloigné de la terre."


Je me passe de regarder la note 5, je n'ai pas eu ma grasse matinée. Je crois la citation des mots de Bèze correcte, Arlette Jouanne devrait avoir eu le sommeil suffisant pour faire un livre pleinement académique.

Mais par contre, elle semble avoir voulu interpréter "éloigné ... autant que le plus haut ciel est éloigné de la terre" comme une manière pittoresque et anciennent d'affirmer qu'il y avait deux catégories dont l'une transcendait totalement l'autre. Le corps du Christ n'est pas séparé de Sa Divinité, mais n'est pas non plus identique à Celle-ci, et la transcendance divine n'est pas un attribut du corps du Christ, ni dans la théologie catholique, ni dans la théologie calviniste. Le corps du Christ avait du temps de Sa vie terrestre (de Son âge adulte) une hauteur qui dépassait vraisemblablement 1 mètre 50, et vraisemblablement pas 2 mètres. Ce corps a toujours une hauteur d'entre 1.50 et 2. Ou comme j'ai dit : six pieds célestes, le pied étant environ un sixième d'un homme en longueur et le roi d'un pays étant celui dont ce sixième sert de modèle, et Lui, Il est le Roi du Ciel.

Ce corps se trouve dans un endroit, pas dans une pure transcendance. Bèze et St. François de Sales croyaient les deux ce point de Firmiter credimus*, que ke Christ descenda aux Enfers par l'âme, résurgit le troisième jour par le corps, et ascendit aux cieux par les deux, et ils seraient donc très d'accord les deux que l'endroit est "le plus haut ciel", et que "le plus haut ciel" ne décrit donc pas la transcendance, mais un endroit. Le mot Ciel est dit de trois au moins divisions de l'espace totale de l'univers créé:

  • 1) l'atmosphère
  • 2) l'espace étudié par les astronomes
  • 3) le plus haut ciel.


Comme la 2e est plus éloigné du centre de la terre que la 1ère, ainsi la 3e est plus éloigné du centre de la terre que la 2e. Plus haut veut donc dire, plus périphérique. Plus bas, plus proche du centre de l'univers, qu'est la terre, et de son centre.

À personne à cette époque ne serait venue l'idée que le ciel des étoiles serait 13 milliards d'années-lumières ou davantage en rayon, et à très peux, et ceux-ci ou celui-ci (je vise Giordano Bruno) pas orthodoxe, que le ciel des étoiles serait infini, tout court. Il était très vaste, suffisamment pour que l'extendu de la terre soit en comparaison comme un point, mais point infini, donc limité. Et au-delà de sa limite supérieure se trouvait "le très haut ciel". Dedans, Jésus le Christ est assis (ou débout, s'Il préfère se promener). Eh oui, Il n'a pas cessé d'être Homme, ni d'avoir un Corps en ascendant aux cieux.

Vu que Jésus-Christ est placé là-haut, thèse commune accordé par Calvinistes et par Catholiques, était-Il aussi dans l'hostie eucharistique ou non? Les Catholiques, nous croyons à un miracle pas identique, mais adombré par les bilocations qu'ont vécu certains saints. Dont la Sainte Vierge au moment d'apparaître à St. Jaques en Espagne, dont beaucoup plus récemment Padre Pio, qui avait écouté la confession d'une Italienne non anglophone à Chicago, qui manquait de prêtre italophone avant de mourir - si c'est vrai, ce qui est moins assuré que l'apparition Notre Dame du Pilier. Les Calvinistes refusaient ce genre de miracle à l'eucharistie.

Et, je ne vois pas comment ce serait affirmer la transcendance de Dieu que de ne pas Lui accorder un miracle si celui-ci s'accorde mieux avec le sens grammatical simple des mots de l'institution.

En plus, ce serait aussi affirmer la transcendance de Dieu que de refuser notre causalité par libre arbitre impliqué dans notre salut. Ici, je n'ai pas noté les mots exactes, pardon. Mais, l'idée, c'est le contraire que d'affirmer la transcendance de Dieu. C'est nous Catholiques qui affirmons que la transcendance de Dieu est suffisamment transcendante pour permettre (pas partout nécessiter!) des causes non transcendantes aussi. Dieu cause notre salut comme cause première. Notre choix le cause comme cause secondaire. Dieu pourrait le choisir comme causé uniquement par Lui-même, ou comme causé par n'importe quel cause sécondaire, mais Il a préféré de de le choisir comme causé par notre libre choix comme la cause secondaire choisie.

Pour les Calvinistes, la causalité de Dieu est tellement peu transcendante que le fait qu'Il cause implique que la Créature ne cause pas. Comme si causalité première et la causalité secondaire étaient la même catégorie.

Hans Georg Lundahl
St. Maur
Ste. Viviane
2.XII.2019

PS, comme je n'ai vraiment pas eu une grasse matinée, je me suis même trompé sur le nom de l'auteure. Elle s'appelle apparemment, selon Amazon, Arlette Jouanna!/HGL

PPS, l'excellent essai par Chesterton en v.o.:

G. K. Chesterton's Works on the Web : On Lying in Bed
http://www.gkc.org.uk/gkc/books/On_Lying_In_Bed.html


* St. François aurait cru ça à cause de Firmiter credimus, mais Bèze n'était pas un Albigeois non plus!

801 429 Et tandem unigenitus Dei Filius Jesus Christus, a tota Trinitate communiter incarnatus, ex Maria semper Virgine Spiritus Sancti cooperatione conceptus, verus homo factus, ex anima rationali et humana carne compositus, una in duabus naturis persona, viam vitae manifestius demonstravit. Qui cum secundum divinitatem sit immortalis et impassibilis, idem ipse secundum humanitatem factus est passibilis et mortalis: qui(n) etiam pro salute humani generis in ligno crucis passus et mortuus, descendit ad infernos, resurrexit a mortuis et ascendit in caelum: sed descendit in anima, et resurrexit in carne: ascenditque pariter in utroque: venturus in fine saeculi, iudicaturus vivos et mortuos, et redditurus singulis secundum opera sua, tam reprobis quam electis: qui omnes cum suis propriis resurgent corporibus, quae nunc gestant, ut recipiant secundum opera sua, sive bona fuerint sive mala, illi cum diabolo poenam perpetuam, et isti cum Christo gloriam sempiternam.

Thursday, November 28, 2019

Previous Work on Logarithms


Assorted retorts from yahoo boards and elsewhere : Medieval Quadrivium and Logarithms (quora) · Φιλολoγικά/Philologica : Expressing Logarithms in Points of Royal Feet · Previous Work on Logarithms

I have previously been called out for believing that expressing logarithms in feet, inches, lines (and points) would make them rational.

Not so.

I do not believe in irrational numbers, but then again, I do not call π or logarithms or square root of 2 or sine, cosine, tangent, cotangent, secant, cosecant "numbers".

My previous work involved calculating approximate logarithms for 2 and 3, and perhaps some more, so as to prove I understood them, while not considering them as "irrational numbers" because I objected to calling them numbers.

I repeated some, and came to logarithm of 9 as somewhere 21/22 or 20/21.

How so? "1021/22 = (approx.) 20/21 = (approx.) 9" would have this meaning:

1021 = (approx.) 922
1020 = (approx.) 921

921 = 109 418 989 131 512 359 209
1020 = 100 000 000 000 000 000 000
922 = 984 770 902 183 611 232 881
1021 = 1 000 000 000 000 000 000 000


Now for the ratios:

21/22 = 0.9545454545454545
20/21 = 0.9523809523809524

And the logarithm for 9:

0.9542425094393249

Obviously halving the ratio will give an approximate logarithm for 3 (halve a logarithm and you make a root extraction for antilogarithm).

21/44 = 0.4772727272727273
10/21 = 0.4761904761904762

And the logarithm for 3:

0.4771212547196624

The one major reason why I presented my earlier results (which, remember, were not meant to improve existing logarithm tables, just to prove my approach is a valid one on the subject) was so as not to be influenced by any logarithms I happened to recall (as I calculated a logarithm for 2 and very well recalled 0.301, the risk of such influence was imminent) and there were two more reasons:

  • points of a foot are finer subdivisions than 1000's of a decimetre
  • expressing in a measure rather than in simple numbers underlined that on my view logarithms are geometry and not arithmetic, and that therefore logarithms being irrational doesn't prove there are irrational numbers or irrational objects of arithmetic.


The practical object of getting sth which can be put on a slide rule made at home was not really met, as I could not calculate logarithms with sufficient precision or sufficiently many. Kudos to the 17th C. arstocrat who did the calculations! So, now I made it instead using normal expression, decimal expression of logarithmic values.

Hans Georg Lundahl
Nanterre UL
St. Sosthenes
28.XI.2019

Apud Corinthum natalis sancti Sosthenis, ex beati Pauli Apostoli discipulis; cujus mentionem facit idem Apostolus Corinthiis scribens. Ipse autem Sosthenes, ex principe Synagogae conversus ad Christum, fidei suae primordia, ante Gallionem Proconsulem acriter verberatus, praeclaro initio consecravit.

PS. Let's check that 1021 = (approx.) 344 and 1010 = (approx.) 321

344 = 984 770 902 183 611 232 881
1021 = 1 000 000 000 000 000 000 000


321 = 10 460 353 203
1010 = 10 000 000 000


Q. E. D./HGL

Monday, November 25, 2019

Expressing Logarithms in Points of Royal Feet


Assorted retorts from yahoo boards and elsewhere : Medieval Quadrivium and Logarithms (quora) · Φιλολoγικά/Philologica : Expressing Logarithms in Points of Royal Feet · Previous Work on Logarithms

As you may know, the English foot is 12 inches which are 144 lines. The French Royal Foot, which was exchanged for the metre system, is by contrast one more subdivision, namely 1728 points.

Here is a logarithmic table where 1000 points = 1.000000 in the normal logarithms, and if you correctly subdivide the foot (even an English one) you will get a functional slide rule./HGL

Origo 0.1
 
301 0.2  2 inches 1 line 1 point
477 0.3  3 inches 6 lines 9 points
602 0.4  4 inches 2 lines 2 points
699 0.5  4 inches 10 lines 3 points
778 0.6  5 inches 4 lines 10 points
791 φ  5 inches 5 lines 11 points
845 0.7  5 inches 10 lines 5 points
903 0.8  6 inches 3 lines 3 points
954 0.9  6 inches 7 lines 6 points
 
1000 1  6 inches 11 lines 4 points
 
1041 1.1  7 inches 2 lines 9 points
1079 1.2  7 inches 5 lines 11 points
1114 1.3  7 inches 8 lines 10 points
1146 1.4  7 inches 11 lines 6 points
1176 1.5  8 inches 2 lines
1204 1.6  8 inches 4 lines 4 points
1209 Φ  8 inches 4 lines 9 points
1230 1.7  8 inches 6 lines 6 points
1255 1.8  8 inches 8 lines 7 points
1279 1.9  8 inches 10 lines 7 points
1301 2  9 inches  5 points
1477 3  10 inches 3 lines 1 point
1497 π  10 inches 4 lines 9 points
1602 4  11 inches 1 line 6 points
1699 5  11 inches 9 lines 7 points
1778 6 1 foot  4 lines 2 points
1845 7 1 foot  11 lines 9 points
1903 8 1 foot 1 inch 2 lines 7 points
1954 9 1 foot 1 inch 5 lines 2 points
 
2000 10 1 foot 1 inch 10 lines 8 points
 
2041 11 1 foot 2 inches 2 lines 1 point
2079 12 1 foot 2 inches 5 lines 3 points
2114 13 1 foot 2 inches 8 lines 2 points
2146 14 1 foot 2 inches 10 lines 10 points
2176 15 1 foot 3 inches 1 line 4 points
2204 16 1 foot 3 inches 3 lines 8 points
2230 17 1 foot 3 inches 5 lines 10 points
2255 18 1 foot 3 inches 7 lines 11 points
2279 19 1 foot 3 inches 11 lines 11 points
2301 20 1 foot 3 inches 11 lines 9 points
2477 30 1 foot 5 inches 2 lines 5 points
2602 40 1 foot 6 inches 10 lines
2699 50 1 foot 6 inches 8 lines 11 points
2778 60 1 foot 7 inches 3 lines 6 points
2845 70 1 foot 7 inches 9 lines 1 point
2903 80 1 foot 8 inches 1 line, 11 points
2954 90 1 foot 8 inches 6 lines 2 points
 
3000 100 1 foot 8 inches 10 lines
 
3041 110 1 foot 9 inches 1 lines 5 points
3079 120 1 foot 9 inches 4 lines 7 points
3114 130 1 foot 9 inches 5 lines 10 points
3146 140 1 foot 9 inches 10 lines 2 points
3176 150 1 foot 9 inches 11 lines
3204 160 1 foot 10 inches 3 lines
3230 170 1 foot 10 inches 5 lines 2 points
3255 180 1 foot 10 inches 7 lines 3 points
3279 190 1 foot 10 inches 9 lines 3 points
3301 200 1 foot 10 inches 11 lines 1 point
3477 300 2 feet  1 line 9 points
3602 400 2 feet 1 inch  2 points
3699 500 2 feet 1 inch 8 lines 3 points
3778 600 2 feet 2 inches 2 lines 10 points
3845 700 2 feet 2 inches 8 lines 5 points
3903 800 2 feet 3 inches 1 line 3 points
3954 900 2 feet 3 inches 5 lines 6 points
 
4000 1000 2 feet 3 inches 9 lines 3 points

Friday, November 15, 2019

Les Prédécesseurs catholiques de Henry Morris (jusqu'à 1920)


Φιλολoγικά/Philologica : Les Prédécesseurs catholiques de Henry Morris (jusqu'à 1920) · New blog on the kid : Henry M. Morris revendiqué sur le plan des arguments aussi

J'aurais pu ajouter dans la parenthèse que c'est dans les pays qui seront les épiscopats du groupe de Rhin, surtout, et non pas du Coetus Internationalis.

La p. (ou colonne?) 2341 et l'article Hexaméron, dans Dictionnaire de Théologie Catholique, VI-II, Ghezzi - Hizler, 1920 (un des éditeurs, Mangenot, était aussi l'auteur de l'article).

Il commence, avant une bibliographie que je mettrai en format plus perspicace, avec le paragraphe:

D'autres ont prétendu que les couches géologiques avec les plantes et les animaux fossiles étaient l'œuvre du Déluge de Noé, et que la création mosaïque les avait précédées.


Et voici la bibliographie qu'il donne pour les littéralistes catholiques:

C. F. Keil
Biblischer Commentar über die Bücher Mose's
Leipzig, 1866


P. Laurent
Études géologiques, philosophiques et scripturales sur la cosmogonie de Moïse
Paris, 1863


A. Saignet
La cosmologie de la Bible
Paris, 1854


J. E. Veith
Die Anfänge der Menschenwelt
Vienne, 1865


A. Bosizio
Das Hexaemeron und die Geologie
Mayence, 1864
Die Geologie und die Sündfluth
Mayence, 1877


V. M. Gatti
Institutiones apologeticae-polemicae
1867


A. Trissl
Sündfluth oder Gletscher ; Das Biblische Sechstagewerk
2e édit.
Munich, Ratisbonne, 1894


G. J. Burg
Biblische Chronologie
Trèves, 1894


Après cette bibliographie, il continue:

Rien dans la Genèse n'autorise cette hypothèse, qui n'est pas admise non plus par les géologues. Les couches sédimentaires ont exigé des longues années pour se former, et elles n'ont pu être produites pendant le déluge qui n'a pas duré qu'une année, et toutes d'ailleurs ne sont pas déposées sous l'action d'eau. Ce système n'aboutit donc pas à ses fins, et il ne concilie pas la Bible et la géologie. Aussi a-t-il été abandonné.


Ainsi E. Mangenot, qui a signé l'article, en 1920, 26 ans seulement après le dernier livre qui le défend à sa propre connaissance. Il me semble qu'il va un peu vite. Et quand à rien dans la Genèse, il fait une bourde classique, limiter la discussion à la seule Genèse, sans de tenir compte des autres hagiographes inspirés. Psaume 73:13 (numérotation catholique des psaumes) va très bien avec les fossiles, car d'un côté, pas mal de dinosaures sont trouvés sans leur tête, et d'autre, les sédiments sont des mers qui se sont solidifiées - ou plutôt la mer unique qui entourait le globe entier pendant le déluge.

Mais regardons un peu aussi les villes de sa bibliographie ... pas seulement celle donnée, mais aussi celle pour les restitutionnistes (qui considèrent une création antérieure détruite avant Genèse 1:2) et pour les périodistes (qui considèrent chaque jour avant la création d'Adam et Ève comme une longue période) et pour les exégètes qu'il a consulté sur le sens du texte tel quel (sans considération pour sa conciliation ou non avec "la science").

Ulm, Lemgo, Édinbourgh, Paris, Londres, Petit-Montrouge, Brunswick, Leipzig, Vienne, Mayence, Munich, Ratisbonne, Trèves, Quedlinbourg, Louvain, Kœnigsberg, Fribourg-en-Brisgau, Francfort-sur-le-Mein, Lyon, Rouen, Rodez, Clermont-Ferrant, Gand, Bruxelles, Madrid (2 fois), Munster, New York (1 fois), Florence (1 fois), Rome (1 fois), Sienne (1 fois), Valladolid (1 fois), Brixen, Barcelone (1 fois), Steyl, Alexandrie (1 fois), Paderborn, Bonn, Linz, Fribourg (Suisse), Genève, Graz, Cologne, Stuttgart, Berlin, Profnitz.

Donc une prépondérance très nette pour le futur groupe évoqué par Wiltgen : Allemagne / Autriche, Benelux, France, Suisse, avec quelques excursions en Îles Britanniques (alors un seul Royaume Uni, et il passe à côté de Dublin et de Belfast), une seule aux États-Unis, et le monde italo-espagnol ou latin n'a que droit à 8 fois, pourvu que l'Alexandrie soit celle de l'Italie,.

  • Il convient de noter que le restitutionnisme (Gap Theory en anglais) est évoqué depuis Ulm 1838, et défendu par un N. Wiseman qui devrait être Nicholas Patrick Stephen Cardinal Wiseman. Il est rejeté parce que la limite entre Tertiaire et Quaternaire n'est pas marquée par des traces d'un cataclysme.
  • L'autre théorie qu'il évoque, Day Age Theory en anglais ou périodisme en français, il rejette également, sur des critères exégétiques : yôm n'est nulle part utilisé comme désignant directement "longue période", même si parfois il pourrait indirectement l'évoquer, c'est impossible de conjuguer ça avec soir et matin, le manque de soir et matin pour le septième jour n'y change rien et ne veut pas non plus dire que le septième jour soit encore en route. Merci, comme créationniste jeune terre, je suis pleinement d'accord. Parmi les tenants sont le Père Fulcran Vigoroux.
  • Sa propre pensée, les six jours comme figure littéraire, certes inspiré, mais choisissant cette figure de son propre gré, en anglais on parle de Framework Theory, n'a pas de publications en grand nombre en sa faveur évoquées par Mancenot, donc il n'y en avait probablement pas avant ce volume de DThC en 1920.


Mais le défi que j'ai voulu relever est celui de monter qu'avant 1920 il y avait des tenants de la même théorie que Henry Morris (Flood Geology, Six-Day Recent Creationism), que sa position n'est donc pas protestante par son essence, et en plus, il peut y avoir eu d'autres après 1920 ou encore dans les pays que Mancent cite que très peux (notamment les pays latins).

Je pense avoir montré ceci, en même temps qu'il me semble évident que l'antilittéralisme français pourrait devoir quelque chose au fait que l'article de Mancenot se trouvait dans une œuvre de référence.

Hans Georg Lundahl
Serris
St. Albert le Grand
15.XI.2019

Coloniae Agrippinae sancti Alberti Episcopi et Confessoris, ex Ordine Praedicatorum, cognomento Magni, sanctitate et doctrina celebris, quem Pius Papa Undecimus Doctorem universalis Ecclesiae declaravit, et Pius Duodecimus cultorum scientiarum naturalium caelestem apud Deum Patronum constituit.

PS, corrected Mancenot to Mangenot in above./HGL (Corrigé le nom de l'auteur cité pour la bibliographie, E. Mangenot./HGL)

Tuesday, November 12, 2019

Derrière Robespierre - Rousseau ou Beccaria?


Hervé Leuwers, en Historia n° 874 / Oct. 2019, p. 48 nous renseigne que le 31 mai 1791 votent contre la peine de mort, sans de réussir de l'abolir, ces trois, Robespierre en orateur, et encore Pétion et Le Peletier, et que ces mêmes trois (peut-être encore d'autres ayant voté l'abolition de la peine de mort) en janvier 1793 votent la mort du roi.

Or, j'ai une piste dans le livre bilingue Dix auteurs classiques italiens / Dieci autori italiani classici, en bas de la double page 98 et 99 et en haut de la suivante double page. Cesare Beccaria avait en 1764 publié Dei delitti e delle pene, voici le troisième paragraphe et début du quatrième du § 28 La pena di morte.

La morte di un cittadino non può credersi necessaria che per due motivi. Il primo, quando anche privo di libertà egli abbia ancora tali relazioni e tal potenza che interessi la sicurezza della nazione, quando la sua esistenza possa produrre une rivoluzione pericolosa nella forma di governo stabilita.

La morte di qualche cittadino divien dunque necessaria quando la nazione ricupera o perde ka sua libertà, o nel tempo dell'anarchia, quando i desordini stessi tengon luogo di leggi ...

La mort d'un citoyen ne peut être considérée comme nécessaire que pour deux raisons. La première, quand, bien que privé de liberté, il garderait des relations et un pouvoir tels qu'ils menaceraient la sécurité de la nation ; et quand son existence pourrait être à l'origine d'une révolution dangereuse pour la forme du gouvernement en place.

La mort de certains citoyens devient donc nécessaire quand la nation retrouve ou perd la liberté, ou dans des périodes d'anarchie, quand les désordres mêmes tiennent lieu de lois ...


Traduction par Isabelle Lavergne (comme pour les autres neuf extraits). Collection Langues pour tous, 2007.

Et il fait cas d'un "contrat social" en 1764, deux ans seulement après Du contrat social par Jean-Jacques Rousseau.

Dans la continuation du paragraphe 4 du § 28, Beccaria fait cas "ma durante il tranquillo regno delle leggi" / "mais sous le règne paisible des lois".

1791 on était encore sous le règne paisible des lois. 1793 on était dans un état d'anarchie ... et la personne du roi et pouvait garder du pouvoir même en prison, et pouvait inspirer des révolution contre La Révolution.

Il me semble que Robespierre et consortes aient agi en des bons disciples de Beccaria.

Celui-ci, par contre, quand il plaide pour l'esclavage à vie, au lieu de la peine de mort, pour que les citoyens soient beaucoup traumatisés pour peu de crimes, il me semble avoir moins de bonhomie que St. Thomas d'Aquin en plaidant pour la peine de mort, comme un instrument licite et parfois dû de la justice.

Hans Georg Lundahl
Bure sur Yvette
Pape St. Martin I
12.XI.2019

Tuesday, October 22, 2019

Invasions barbares ou Grandes migrations?


Pour la période où Odoacre dépose Romulus Augustule, il semble que Franck Delétraz préfère "invasions barbares". Notamment, il préfère "barbares" à "migrants".

Il y aurait deux raisons pour lesquels ceci vaudrait.

  • "parce qu'ils ne parlaient ni le latin, ni le grec" comme il affirme p. 16 Présent Hors-Série Septembre-Octobre 2019;
  • parce qu'ils avaient des mœurs sauvages.


Quand ils arrivent à invahir divers portions plus ou moins grandes de l'Empire, très certainement ils maîtrisent déjà le latin, ou parfois peut-être même le grec. Quand St. Séverin du Norique fait des pourparlers avec des rois germaniques, je considère très probable qu'il les fit en latin - Norique était une région latine jusque dans son temps. Et St. Sévérin venait de l'Orient, pas du Nord, ce qui limite ses opportunités d'avoir étudié les langues germaniques. Flaccitheus et Feletheus, rois des Rugiens, ont donc dû parler le latin. La Vita par Eugippius semble écarter la question quelle était la langue commune, comme l'Énéide ne dit pas non plus qu'elle l'aurait été entre Latinos et Énée (un Romanides, prétendant que les Grecs seraient les vrais héritiers des Romains, dit que c'était le Grec, mais l'épopée n'en nous enseigne pas).

Si on affirme que leur langue maternelle n'était pas le latin, correct, mais ça serait aussi le cas pour certes Gallo-Romains dont la langue maternelle était à certaines époques le Celte.

De l'autre côté, la Vita Severini*, chapitre IIII, parle de "barbares".

Quand Clovis s'empare de la future France, non seulement il avait été un auxiliarius, mais son père avant lui. C'est pourquoi je laisse son ancêtre Faramond parler latin et franconien en mon Dialogus Temporibus Romanis.

En Angleterre, par contre, oui, là on a eu affaire de barbares qui n'ont pas parlé le latin ... mais en certains cas ils ont parlé le britannique (ancêtre du gallois et du cornouiallais) ou sinon eu des interprêtes qui le faisaient. Et en Angleterre, le britannique était, hormis liturgie chrétienne (plus ou moins absente pour quelque temps, sauf chez les Celtes), plus pertinante que le latin.

Dans les pays invahis par les Goths, Ostro- ou Visi-, ceux-ci ont dû parler pas mal souvent le latin, peut-être le grec. La Roumanie actuelle pourrait être une exception, mais en Italie et en Espagne ils ont pu suivre la langue, tout comme en Italie aussi les Lombards. Quand Boèce est jugé coupable, bien qu'innocent, par le roi Thierry le Grand, celui parle très certainement le latin.

Et quand aux mœurs sauvages, ce sont des barbares comme reine sainte Bathilde qui abolissent l'esclavage ou qui refusent la peine d'aveuglement, les deux restants courants dans "l'Empire zone libre" à Constantinople.

En fait, quand les gens de Constantinople se plaignent de l'élection de Charlemagne, lui étant un barbare, lui et d'autres en Occident avaient qualifié le comportement de l'Empereur** Sainte Irène de barbare quand elle avait aveuglé son propre fils.

En Allemagne et en Suède on parle de Völkerwanderung, Volkvandringstid, ce que veut dire "migration de peuples". Chaque peuplade conquerante (ou à peu près, sauf en Angleterre) faisait le cycle immigrants, auxiliaires, conquerants. Ils n'envissaient pas avant d'être plus ou moins romanisés.

Hans Georg Lundahl
Bibl. Audoux
Sainte Marie Salomé***
22.X.2019

* La Vita Severini m'a été un peu difficile en latin sans les commentaires en allemand, quand j'étais dans mes vingtaines, je viens donc de donner un lien en traduction allemande.

** Chez eux, une Impératrice ne pouvait être que la première dame d'un Empereur, mais une "Impératrice," comme nous dirions, "regnante," c'est "une Empereur".

*** Hierosolymis sanctae Mariae Salome, matris sanctorum Jacobi et Joannis Apostolorum, quae in Evangelio legitur circa Domini sepulturam sollicita.