Friday, March 5, 2021

Sigurd - un héro, deux saints


À quoi servent Les Eddas? · Le Qohelet de Codex regius · Hávamál et Torah · Sigurd - un héro, deux saints

Il se trouve, partie de Skáldskaparmál et la plupart des poëmes en Codex regius concernent Sigurd, le tueur de Fafnir, et non pas directement (ou pas tellement) des dieux nordiques.

Il se trouve aussi, ce Sigurd est connu comme Sigfried dans un poëme en allemand médiéval-classique (Mittelhochdeutsch) qui s'appelle Nibelungenlied. Là, ça ne concerne pas du tout les dieux nordiques.

Il ne faut pas se méprendre sur ce que Wagner a fait de ces textes, son libretto pour "Ring der Nibelungen" n'est pas fidèle ni à l'une, ni à l'autre des sources. Il faut de Wotan (dieux nordique principal, déjà évoqué comme probablement historique) un forme de père ou providence derrière Sigfried, le héro parfait - et montre une réaction paternelle d'aversion quand le jeunot le dépasse.

Wagner a fait une chose qu'il n'aurait pas pu faire dans la théologie chrétienne, car il aurait été accusé de blasphème (encore punissable en Suède en 1950, Strindberg avait été condamné par blasphème contre l'ordonnance biblique du mariage, et de la suite il s'est réfugié en France, et je ne pense pas que Bavière entre 1848 et 1874 aurait négligé ceci non plus). Donc, il le repousse sur des faux dieux, qu'on ne pouvait pas blasphémer en Bavière catholique. Sa version est donc strictement hors le propos.

Les versions eddiques sont nettement moins concernées avec les dieux, la version allemande pas du tout. Par contre, les deux versions sont concernés de Gondicaire (arrière-grand-père de Sainte Clotilde) dont Sigfried / Sigurd va épouser la sœur, et ni l'une ni l'autre se doutent que les Burgondes étaient des Ariens. C'est possible que le royaume rhénan des Burgondes (où il régnait) ne l'était même pas ...

Comment, sous le principat de Théodose le Jeune, les Burgondes ont embrassé la religion chrétienne.... Depuis ce temps, la nation des Burgondes a professé avec le plus grand zèle la religion chrétienne.


Socrate le Scolastique, Histoire de l'Église, livre VII, chapitre XXX. Cité d'après la wikipédie.

... bien que, par la providence de Dieu, tous étant depuis peu devenus chrétiens dans la foi catholique et ayant accueilli les membres de notre clergé pour se soumettre à eux, ils vivent avec douceur, avec tranquillité et sans faire le mal, regardant les Gaulois non comme des sujets, mais vraiment comme des frères chrétiens


Orose, Histoire, 32 d'après la même source.

L'arianisme serait selon une érudite, Katalin Escher, venu plus tard, dans le royaume rhodanien ... même là on a un saint Sigismond converti au christianisme nicéen ...

Sigurd, version nordique, ignore le Christianisme, Sigfried version allemande le laisse paraître comme plus ou moins Catholique, et selon Katalin Escher ce serait à propos. Quand sa femme (sœur de Gondicaire, comme dit) se querelle avec Brunehaut, femme de Gondicaire, la version allemande pose la querelle après une messe, sur le parvis d'une église à Worms, tandis que la version nordique la pose dans un bain dans la rivière. Les deux endroits ou situations sont compatibles avec une querelle sur la précédence entre deux femmes.

Cette querelle va se solder dans le meurtre de Sigurd ou Sigfried. Brunehaut va demander sa mort, l'obtenir, et ensuite se suicider pour le fait de ne pas le pouvoir avoir comme mari. Pour la version nordique, Sigurd et Brunehaut se réunissent dans l'au-delà, elle redevient Valkyrie, ce qu'elle est juste dans la version nordique, et lui est mort en héros, a le droit à Valhalla. Pour la version allemande, elle est juste une païenne ... son suicide ne conduit à aucun bonheur.

Entretemps, selon les deux versions, la veuve de Sigurd / Sigfried va épouser Attila le Hun (que certains ont considéré comme modèle d'Odin aussi!), qu'elle s'appelle Gudrun dans le Nord ou Kriemhild dans la poëme allemand. Et c'est comme invité de celui-ci que Gondicaire va trouver la mort, avec un homme mystérieux, considéré par les Norrois comme son frère (Högni) et par les Allemands comme son vassal (Hagen, latin Hago). Si son surnom "von Tronje" s'expliquerait comme quoi il ressemblait à une trogne? ou comme quoi il était seigneur de Trognée? Ce deuxième propos serait ahistorique, car le village n'existait que depuis le IXe siècle.

Et chez Attila, ils vont mourir. Imaginons que Hitler aurait eu un poëme comme Les Lusiades, il est beaucoup plus païen que Nibelungenlied, beaucoup plus expansionniste. Il a eu Nibelungenlied, et pour ceux qui savaient (ils étaient beaucoup) ça n'était pas vraiment une inspiration pour l'invasion de l'Est. Les Burgondiens qui dedans vont à l'Est y vont pour mourir, misérablement, piégés dans une pseudohospitalité et en commettant des meurtres de proches (Gernot et Giselher sont oncle et neveu, ils se tuent).

Ce n'est pas du tout ce poëme, ni pour les national-socialistes qui commettaient atrocités, ni pour les néo-païens, qui déterminait leur position. Mais ni même la version nordique est strictement parlée mythologique, elle nous vient juste des mêmes sources eddiques que la mythologie.

Hans Georg Lundahl
Paris
St. Phocas, martyr à Antioch
5.III.2021

PS - les deux saints sont donc Saint Sigfrid de Skenningue, missionaire venu d'Angleterre, présumable auditeur du poëme de Beowulf, et allé chez le peuple de cet autre héro, les Suédois, et Saint Siffrein, j'ai vérifié à Carpentras que l'église Saint Siffrein est en latin dédié à "sancti Sigifredi" ... l'article l'appelle en plus Saint Siffret comme forme alternative. On a théorisé que Brunehaut, femme de Gondicaire et épris de lui, aurait été une simple copie de la reine franque Brunehaut, mais on peut également supposer que celle-ci était appelé d'après le personnage "mythologique" selon certains .../HGL

Contradicting a Modernist


One "NO" on Christian History and Archaeology, same group where I deal with admin Drew Gasaway.

Putting out a list on things we should all able to agree or consider

  • 1. The children of Israel did not build the pyramids. Doesn’t add up and the Bible never says they did, they made bricks
  • 2. The use of Numbers isn’t always meant to be taken literally. It’s called numerology and ancient writers used numbers to commentary for example there will be a wiki in the comment section
  • 3. The Dead Sea scroll are useful for what they can tell us of the time period they were written and biblical transmission but they weren’t Christians and we shouldn’t look to them for theology and the answer to what should be in our Bible.
  • 4. Abraham probably didn’t speak the same language as Moses who probably didn’t speak the same language of the later prophets for the same reason Italians don’t speak Latin and we don’t speak old English
  • 5. all of the New Testament was written in Koine Greek
  • 6. There are no dinosaurs in the Bible though mythical creature are referenced but not as literal animals don’t go digging for leviathan bones
  • 7. There is no need to connect Job to a historical time or place the author(s) probable avoided doing so because it’s parable with nothing connecting it with the historical narratives.
  • 8. It’s very likely that the different Books in the Bible have multiple writers and editors.


My considerations on each of these ...

1. The children of Israel did not build the pyramids. Doesn’t add up and the Bible never says they did, they made bricks

Granted for Exodus. For Joseph in Egypt he arguably was involved in heading buildings or came after last of them. But he certainly did not get pushed about with whips to do so.

2. The use of Numbers isn’t always meant to be taken literally. It’s called numerology and ancient writers used numbers to commentary for example there will be a wiki in the comment section

Numbers that are symbolic tend to be symbolic numbers. However, not even a symbolic number, like 40, must be taken non-literally, since literal events of the Bible often have symbolic meanings. A human author can very well put symbolic meanings into a fiction, God who is infinitely wise and allmighty providence can put them into real events.

Non-symbolic numbers (like nearly all lifespans in Genesis 5 and 11, exceptions being one living 777 years and Henoch living 365 years) must be taken literally, since it doesn't make sense to take them symbolically.

666 is a literal gematria of a person or more than one person alive in the end times. St. John says to calculate and does not say to speculate on symbolism. However, symbols may be there too, we aren't forbidden to speculate on them. But for identifying the Beast, while that gematria is not sufficient, it is a minimum. Napoléon doesn't add up, and if it does not mean Apollyon, which it does not, it cannot be made to add up either (five cases of Apollyon, like five cases of Apollon, that adds up to 4666/2666 in Greek gematria).

3. The Dead Sea scroll are useful for what they can tell us of the time period they were written and biblical transmission but they weren’t Christians and we shouldn’t look to them for theology and the answer to what should be in our Bible.

If they were pre-Christians of a sort Jesus would have considered as faithful, their theology may need updates as all OT, but their inclusion of texts is authoritative and their practises may indicate theological points. As I recall, they were

4. Abraham probably didn’t speak the same language as Moses who probably didn’t speak the same language of the later prophets for the same reason Italians don’t speak Latin and we don’t speak old English

Let's check. Genesis 14 is when Abraham was between 75 years, like 1940 BC and when he would probably have been 80 or 86, like 1935 or 1929 BC. Exodus was in 1510 BC (using dates of Roman martyrology). 1940 - 1510 = 430 years. Now, 430 years ago, 1591, we don't have Cicero, even Boethius, or King Alfred, we have in Italian letters Andrea Cornaro (I checked) and in English letters Shakespeare was around. Italians who don't understand the prose of Cornaro and Englishmen who don't understand most verses in Shakespear are not very educated.

Anything Abraham wrote, and I think Genesis from chapter 12 on was written after Abraham had fixated most of chapters 1 to 11 (but not the account of six days, revealed to Moses) into writing, since the chapters become more prolix and detailed in life events, anything he wrote would have been readable to Moses. Perhaps their pronunciation was not identic, very certainly ours is not that to Shakespear's, but that doesn't mean same letters could not be read.

5. all of the New Testament was written in Koine Greek

Granted, unless you mean "originally" since St. Matthew first wrote in "Hebrew" - could be Hebrew or Aramaic - and then translated to koiné.

Also, while Apocalypse was written overall in koiné, we need not exclude word meanings found in older versions of Greek, since these were in koiné literate circles considered as part of the same Greek as they used. I specifically consider it certain that St. John knew Homer's Iliad. That is where Apollon is first called Apollyon. Meanings from Authenriet are not excluded from exposing the Apocalypse.

6. There are no dinosaurs in the Bible though mythical creature are referenced but not as literal animals don’t go digging for leviathan bones

Totally discarded. I think unicorn bones have been found in what is now named Triceratops horridus, and that young examples of it only had front horn on nose, whole older ones acquired extra horns on what was the crest (though not in the race Centroceratops) first two more in Triceratops, then some more in Styracosaurus. Not sure whether Leviathan was an ancient croc or an ancient T Rex or something else.

7. There is no need to connect Job to a historical time or place the author(s) probable avoided doing so because it’s parable with nothing connecting it with the historical narratives.

16 And Job lived after [his] affliction a hundred and seventy years: and all the years he lived were two hundred and forty: and Job saw his sons and his sons’ sons, the fourth generation. And Job died, an old man and full of days: 17α and it is written that he will rise again with those whom the Lord raises up. 17β This man is described in the Syriac book [as] living in the land of Ausis, on the borders of Idumea and Arabia: and his name before was Jobab; 17γ and having taken an Arabian wife, he begot a son whose name was Ennon. And he himself was the son of his father Zare, one of the sons of Esau, and of his mother Bosorrha, so that he was the fifth from Abraam. 17δ And these were the kings who reigned in Edom, which country he also ruled over: first, Balac, the son of Beor, and the name of his city was Dennaba: but after Baac, Jobab, who is called Job, and after him Asom, who was governor out of the country of Thaeman: and after him Adad, the son of Barad, who destroyed Madiam in the plain of Moab; and the name of his city was Gethaim. 17ε And [his] friends who came to him were Eliphaz, of the children of Esau, king of the Thaemanites, Baldad son of the Sauchaeans, Sophar king of the Kinaeans.

Job 42, LXX (Ellopos)
https://www.ellopos.net/elpenor/greek-texts/septuagint/chapter.asp?book=25&page=42


Vulgate was translated from a Hebrew original after Jews had rehashed Genesis 11 chronology to allow Shem to be Melchisedec, and since it is said Job offered a sacrifice, this means that Jews would have a similar problem with the historicity of this book. Especially if they don't make the connection to Moses' father in law Jethro.

8. It’s very likely that the different Books in the Bible have multiple writers and editors.

If all you mean by an editor is someone making linguistic updates, I definitely agree. All books of the Old Testament have a different way of noting (if at all) vowels in Leningrad Codex to back 2000 years ago.

If you mean someone adding or deleting passages after hagiographer (or in some cases final hagiographer) wrote it, no. Unless you mean situations like Moses delegating Joshua to write last chapter of Deuteronomy or Joshua delegating someone else to write last chapter of Joshua. Nothing beyond "still to this day"

In cases of books spanning many centuries and therefore many generations, it is obvious that if any event was written or dictated by contemporaries, the contributing writers would involve more than a final author, like Genesis, with Moses as final author, Judges, IV Kings, or the two books of Paralipomena.

Thursday, March 4, 2021

Hávamál et Torah


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Notons, je ne vais pas dire que Odin était à la hauteur de Moïse, mais, dans les deux cas, des érudits modernes ont trouvé l'attribution d'auteur exclue parce que la forme linguistique considérée comme accessible au présumé et traditionnel auteur était autre que celle de la plus ancienne forme des textes parvenue en écrit à nous.

Prenons "deyr sjalfr it sama," et remontons à la réconstruction par Jackson Crawford, qui est "daujiþ selβaz samō". Un moment donné, on décide que les "au" devant i, j, ji doivent se prononcer dans le texte comme déjà dans la langue courante "öy", et ça se prononce "döyjiþ selβaz samō". Un autre moment, on abrège les voyelles atones, les déjà brèves en les faisant disparaître, les longues en les mettant en brèves, aussi décidé avec un délai après que tout locuteur nordique prononce de la nouvelle manière : "döyþ selβz sama". Pour la fricative voisée et pour β > v, ça vient presque avec les changements, "döyð selvz sama", et une ou deux générations après, on ajoute un article et on rompe une de voyelles, "döyð syalvz hit sama". Finalement, on remplace la désinence de la troisième personne avec celle de la deuxième personne, comme en français celle-ci a envahi plutôt la première (je prend, tu prens, devenu je prens, tu prens, et ensuite le d orthorgaphique restauré par analogie), donc on prononcera "döyz syalvz hit sama" juste avent de muter le z en r (en dialect parisien, les formes "parler, finir" avec r prononcé ont muté inversement en z avant de les amuire, "parlez, finiz", "parlé, fini" ce qui sera renversé par l'orthographe et d'autres dialectes dans le cas de "finir", mais pas dans le Nouveau Monde), on prononce alors "döyr syalvr it sama" et à cette étape, on le pose en écrit dans l'orthographe déjà citée au début.

Ce processus conserve donc rigoureusement le texte, mais il change la forme linguistique du texte.

Pour un texte écrit, une telle mise à jour est encore plus facile, comme les nouvelles éditions de vers ou prose du XIXe siècle subissent les changements d'orthographe des années 1860-70 et de 1906, pour la prose aussi l'abolition de la conjugaison au pluriel, 1950 (c'est comme dans le français, si des politicards avaient décidé d'abolir le passé simple).

Le genre de processus rend comme déjà dit possible que Hávamál soit écrit par Odin, mais aussi, ce qui importe davantage, et comme c'est le fait, que Moïse est l'auteur de la Torah, quelle qu'était la langue plus ou moins hébraïque parlé à son époque. Si la prononciation "wayyar ‘elohim ‘eth-ha’owr" est trop moderne, peut-être que Moïse (à qui les six jours furent donnés comme révélation en vision) les a rédigés en une langue plus ancienne, on a parlé de proto-sinaïtique. Je n'ai pas de Jackson Crawford pour le proto-sinaïtique, je ne vais pas donner une réconstruction, mais si c'était le cas, des cohanim ont changé l'orthographe à fur et mesure que la prononciation de l'hébreu changeait, sauf dans les cas que la vieille orthographe pouvaient s'adapter à la nouvelle prononciation sans changement.

Et entre Adam et Moïse, l'écart est plus long, entre 4004 et 1491 avant Jésus-Christ selon Ussher* (chronologie acceptable pour la Vulgate) et entre 5199 et 1510 selon le martyrologe romain** (pour 25 décembre, qui situe donc la naissance du Sauveur par rapport à divers évenéments), c'est à dire 2513 ou 3689 ans. Là on a un écart encore plus important, et c'est possible que le hébreu original se soit déjà diversifié dans ce temps entre hébreu, gheez et arabe, ce qui permettrait les Éthiopiens et les Latins d'être les deux bien renseignés sur la première langue, sans qu'il y ait de la contradiction. Dans ce cas, on aurait un phénomène analogue à la diversité entre "daujiþ selβaz samō" et "deyr sjalfr it sama" pour les sources successives de Moïse pour les évenéments des premiers onze chapitres de la Genèse.

Ces textes sont plus courts que Hávamál pour chacun, donc, une transmission absolument fidèle est parfaitement possible, compte tenu du changement linguistique, bien entendu.

Hans Georg Lundahl
Paris
St. Casimir de Vilnius
4.III.2021

PS, bêtise par fatigue, hier, en l'écrivant, j'ai reconstruit "daujiþ selβaz samō" en troisième personne, tandis que j'aurais dû reconstruire "daujiz selβaz samō" dans la deuxième, parce que je viens de traduire "[tu] meurs [toi-]même de même". Par contre, daujiþ fehu" au début, là on a la désinence de la troisième personne remplacé, en restant encore troisième personne, par la désinence de la deuxième personne./HGL

* pour Ussher : CMI : Timeline of the Bible (PDF)
https://creation.com/images/pdfs/other/timeline_of_the_bible.pdf

** pour le martyrologe romain : Φιλολoγικά/Philologica : Background to Christmas Martyrology
https://filolohika.blogspot.com/2019/02/background-to-christmas-martyrology.html

Le Qohelet de Codex regius


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Francis Bergeron ayant prétendu qu'on trouvait plutôt une Odyssée qu'une Bible païenne dans l'Edda, il convient de noter que non seulement Codex regius a dans Voluspá une "Genèse" (mais pas plus loin que chapitre 9) avec une Apocalypse, mais un autre poëme se fait remarquer par sa similitude avec la littérature de sagesse de la Bible. Hávamál est très loin d'Ulysse. Il est en certains aspects très proche aux livres des Proverbes, Ecclesiastes, Syrachide dans la Bible.

Comme il est censé être rédigé par Odin, ceci va avec ce que je viens de dire sur le disciple fourvoyé de Josué Ben Pekharia. Par contre, l'objection classique est, il est en vieux norrois, et cette langue n'existait pas encore à cette époque. Proto-nordique, connu par les cornes de Gallehus, est une autre langue que vieux norrois, connu par exemple de la prose de Snorre ou des poëmes de Codex regius.

Pour prouver le point, en proto-nordique, on peut écrire (et donc dire) "ek hlewagastiz holtingaz horna tawiðo" ce qui serait en vieux norrois "ek Hlégestr höltingr táðði horn[in]". La distance est plus grande qu'entre la fibule de Préneste et la langue de Cicéron. En effet, c'est en parallèle avec le développment entre latin et français, avec des syllabes non accentuées qui disparaissent. Alors, pourrait-on transposer la strophe la plus célèbre de Hávamál en proto-nordique? Je la cite d'abord:

Deyr fé,
deyja frændr,
deyr sjalfr it sama,
ek veit einn,
at aldri deyr:
dómr um dauðan hvern.


Traduisons : "meurt la bétaille, meurent les proches, meurs toi-même de même, je sais une [chose] qui jamais ne meurt : le jugement d'un homme mort."

Bien entendu, on peut traduire ceci an proto-nordique probable, mais la question est, peut-on le faire en gardant une quelconque métrique du poëme?

Jackson Crawford est spécialiste de vieux norrois, il fut consulté pour le film Thor (basé sur Marvel Comics) parce qu'on avait besoin (après Game of Thrones, lui-même après le Seigneur des Anneaux par Peter Jackson) d'une autre langue que l'anglais parlée de manière réaliste et sous-titré. Il a fait des vidéos entre autres sur la relation du proto-nordique au vieux norrois, et dans une, il donne la traduction métrique en proto-nordique de cette strophe.

Old Norse vs. Proto-Norse (Elder Futhark Language)
30 sept. 2020 | Jackson Crawford
https://www.youtube.com/watch?v=A8CdCoUo8kA


Il est païen, et il y a des publicités pour amulettes, ce qui n'empêche pas que son propos est pertinent. N'imitons pas le puritanisme qui évite chaque évocation d'une chose païenne, St. Augustin d'Hippone nous donne un exemple contraire plus qu'une fois en La Cité de Dieu. Après 16:09, il va donner sa transposition en proto-nordique. Et elle sonne métrique.

Donc, ça a pu être rédigé en tant qu'original en proto-nordique et notre version extante est dans ce cas une forme avec des mises à jour linguistiques. Avec une transmission orale, ça ne se faisait pas avec des échanges d'orthographe notées sur papier, mais avec des décisions d'adaptation de la forme apprise à la langue parlée.

Mais, avec des contenus proche d'un livre de la Bible, serait-ce peut-être dû à l'influence chrétienne? Après tout, l'évêque Sæmundr le confie au papier en étant lui-même un Chrétien, non? Islande est convertie l'an 1000 (avec précision!). La première citation de ces deux strophes est par Eyvindr Skáldaspillir en Hákonarmál et ceci autour de 960 - en honneur d'un roi à tendance chrétienne, mais le poëme le pose en Valhalla, donc, le poëte va pas avoir pris ça du Christianisme.

Coïncidence, alors? Les coïncidences s'accumulent, un peu. Si Antoine de Rivarol en prolétaire tendance plouc fustige l'inversion, par rapport à la grammaire du vieux norrois, il y a inversion après inversion au long de la première moitié, comme noté par ma traduction. Par contre, par rapport à l'hébreu (langue maternelle d'Odin s'il est Yéchou, ou proche, si sa langue maternelle était l'aramaïque) c'est l'ordre normal du discours. Genèse 1:4 "wayyar ‘elohim ‘eth-ha’owr" = "vit Dieu la lumière"*. Des langues Celtiques, comme l'Irlandais et le Gallois partagent cet ordre - même verset "do chonnairc Día an solus:"** ou "Gwelodd Duw fod"***. En hébreu, ivorgne et bière-ou-cidre est de la même racine, et en Hávamál strophe 14 on trouve "Ölr ek varð" = "biéreux (ivre) je devins". Le contexte est une confession personnelle d'une occasion ratée où Odin était ivre - peu probable pour une divinité purement spirituelle héritée des loitains ancêtres hypthétiques indo-européens, mais très en charactère avec le disciple de Josué Ben Pékharia. En plus, l'alittération est un rhyme initial consonantique. La même consonne est répété (pour le mot deyr, parce que répété, mais pour dómr et dauðan ou pour sjalfr et sama ce sont des mots différents). Pour les débuts en voyelle ... einn et aldri débutent en voyelles différentes - comme si un début vocalique était un début consonantique avec consonne initiale muette, aleph. Dans le contexte, un début vocalique en presque chaque dialect germanique, nordique, allemand, anglais ou j'en passe, n'a pas de liaison, mais plutôt "h aspiré".

Snorrë en son histoire° norroise (suédoise et norvégienne) pose que le fils d'Yngwë Frey qui était fils adoptif ou beau-fils d'Odin était invité chez Frothon le fils de Hadding. Saxo Grammaticus le confirme. Pour Snorrë, celui était identique à Frothon de la paix, contemporain de César Auguste, pour Saxo Grammaticus, il y avait des siècles entre les deux. Selon la chronologie de Snorrë, donc, Odin vivait un peu avant, genre aux temps de Jules César (ce qui m'occasionnait mon autre piste à propos son identité : druide gaulois). C'est un peu tard pour Yéchou, mais notons qu'entre Daniel et Bar Kokhba, la chronologie juive est raccourcie, donc il y a des choses qui se passaient réellement plus tard qui viennent pour eux plus proches du début.

Autre chose à noter à propos la strophe citée : en syntaxe latine, le génitif apposé à un substantif verbal peut être à la fois objectif et subjectif. "Amor Dei" peut vouloir dire "Dieu aime" ou "NN aime Dieu". "Amor Dei erga mundum non pepercit filium unicum" et "amor Dei et proximi sunt debita hominis". En syntaxe germanique on distingue très nettement les deux, et "jugement de quelqu'un" comme "porté sur quelqu'un" s'exprime avec préposition, "dómr um dauðan hvern". Tolkien a espéré trouver dans le poëte de Beowulf - qui était un Chrétien - un adversaire explicite du Feeneyisme, un exposant de la théorie qu'un païen vertueux peut être sauvé. Or, si Beowulf en mourant espère "soðfæstra dom" ceci n'est pas "le jugement réservé aux justes" mais bien "le jugement par les justes."

Si de coutume moderne la matière de Beowulf est associée à la mythologie nordique, il n'est justement pas mythologique dans le sens d'exposer une mythologie païenne. Le poëte parle certes de païens, mais en précisant d'eux "[qu']ils méconnurent leur Faiseur" et que "l'ennemi des âmes" les séduisit à l'idolatrie. Ce poëme est aussi de la poësie anglo-saxonne qui ne sait rien des mythes nordiques, et les incidents sont complètement ignorés que ce soit de Snorrë, que ce soit de Sæmundr. La structure semble une inversion de l'ordre entre l'Iliade et l'Odyssée, avec un voyage et un retour posés au début et à la fin par contre une bataille menant à la mort et au bucher funèbre (coutûme païenne chez les Grecs comme chez les Nordiques) d'un héro très principal, avec des dialogues avant, comme pour Hector. Soit le clergé anglosaxon était très poussé en Grec avant la Conquête normande, soit un Byzantin est devenu moine ou prêtre et a parmi eux écrit ce texte. Je l'espère pour Photius (qui n'est pas mort en excommunié par un pape, mais par contre en obscurité, comme entré dans un monastère). Il a probablement inspiré un Sigfrid de devenir missionaire parmi les Suédois.

Hans Georg Lundahl
Paris
St. Casimir de Vilnius
4.III.2021

Vilnae, in Lithuania, beati Casimiri Confessoris, e Casimiro Rege progeniti: quem Leo Decimus, Romanus Pontifex, in Sanctorum numerum retulit.

* Word Order [Biblical Hebrew]
https://uhg.readthedocs.io/en/latest/word_order.html


** An Chead Leabhar do Mhaoisi Da Ngoirthear Genesis
The First Book of Moses Known as Genesis
http://theirishbible.ie/OT/1-Genesis-Irish-and-KJV.pdf


*** Welsh Genesis
https://etabetapi.com/read/cy/Gen/1


Par contraste - le breton a : "Ha Doué a welaz pénaoz."

° Connue comme Heimskringla.

Wednesday, March 3, 2021

À quoi servent Les Eddas?


À quoi servent Les Eddas? · Le Qohelet de Codex regius · Hávamál et Torah · Sigurd - un héro, deux saints

Évidemment pas en cadeau de lecture pour Francis Bergeron, tout d'abord. Mais du tout. Il a lu le prologue, et prétend résumer le livre.

Il nous renseigne que les plus vieux récits païens dedans (dont il n'aborde aucune!) viennent du VIIe siècle, et ceci est une prétention d'érudition moderne ou sémimoderne (genre XIXe siècle au plus tôt).

Je pense avoir pu cerner en ce rédacteur de Présent un homme pour qui non seulement le national-socialisme, ce qui se comprend, est exécrable, mais en plus chaque chose ayant intéressé les national-socialistes, y compris donc mythologie nordique et récherches sur l'Atlantide. Les deux seraient - si je peux deviner - des chutes d'esprit indigne d'un Chrétien dont on pourrait redouter à peu près tous les méfaits de Himmler ou Mengele. Peu importe que Himmler était plutôt néo-templier et néo-albigeois ... donc, le livre lui est tombé des mains avant qu'il ne se souille son âme.

Abordons brièvement l'Atlantide. Quand les Espagnols se rendent compte que l'Amérique est entouré d'océans qui la séparent de l'Ancien monde et donc des monts d'Arménie où Noé est resté, ils font référence à l'Atlantide de Platon pour expliquer la population des Amériques avec un pont terrien depuis disparu. Et donc, ils le font pour un motif purement chrétien.

Pour avoir un très bref résumé du livre, on fait mieux de lire le compte-rendu sur Kontre Kulture:

Les Eddas | Kontre Kulture
https://kontrekulture.com/produit/les-eddas/


Quoique ceci aussi est erroné. D'ailleurs, je pense que Francis Bergeron a pu cueillir tout ce qu'il a écrit, sauf son jugement avers de goût, de cette page. Et sauf qu'il parle de 318 pages, et les éditeurs de 310.

Nous sommes Chrétiens, au moins si j'ai cessé de fréquenter les messes à Saint Nicolas du Chardonnet que fréquente encore Francis Bergeron que je sache, je reclame que ce n'est pas pour apostasier de la foi, mais pour ne pas adhérer à une pastorale qui m'était méchante, et plus tard encore aussi pour adhérer au vrai pape, élu par conclave d'urgence (irrégularités canoniques excusées par état d'urgence, comme on reclame pour les sacres à Écône en 1988 aussi). Ni l'un, ni l'autre de nous peut être considéré libre de croire qu'Odin accueille les âmes défunts des guerroyers vaillants dans sa Valhalla ou que les gens morts "déshonorablement" en simple maladie vont en enfernaux endroits comme Hel ... à quoi sert donc ce recueil des 2 des 4 sources principales sur la mythologie nordique?

Tout d'abord, Sæmund Sigfusson était un évêque catholique. Ensuite, Snorre Sturlason était un érit catholique. Pour les deux autres sources, Saxo Grammaticus était sécretaire de l'évêque Absalon (encore un évêque catholique) et Adam de Brême était sécretaire d'Adalbert de Hambourg (encore un évêque catholique, même archévêque quand Paris était encore une simple évêchée). Adam de Brême a décrit un temple païen à Uppsale, ou on adorait trois dieux : Odin, Thor, Frey. Or, les archéologues n'ont pas pu identifier ce temple. Récemment, il y a eu une hypothèse que ce temple était une satire contre un évêque acéphale. Non pas un céphalophore, comme Saint Denis, mais acéphale comme Mgr Fellay ou Mgr Dolan refuse (effectivement ou directement) d'avoir un pape comme tête. Le terme est en polémique au terme des schismatiques autocéphale. La trinité de faux dieux païens serait donc une référence satirique au jugement très sévère contre un possible schismatique qu'il n'adorerait même pas la vraie Trinité, le vrai Dieu. Un peu comme un autre satiriste en écrivant le deuxième très connu chant en langue d'oïl a satirisé la culture des Maures. Satire est donc une des fonctions que la mythologie païenne peut avoir pour un Chrétien.

Pour Snorre, explicitement, et pour Sæmund, implicitement dans l'acte de cueillir ces poëmes, il s'agit, une fois que les croyances païens étaient éliminés, de donner un peu de lecture amusante et parfois (à part l'aspect théologique, s'il était pris trop sérieux) édifiante. Il y a eu un échange entre Bordeaux et Rome à l'époque de Grégoire le Grand, pape, saint, père de l'église. Rome disait que l'évêque de Bordeaux ne devait pas enseigner l'Énéide, parce qu'elle contenait des noms de faux dieux, Bordeaux disait que sans ceci, ce serait impossible de transmettre une bonne culture romaine, y compris un latin correct.

En ce faisant, il était d'accord avec pas mal de Byzantins, sur l'utilisation des poëmes d'Homère ... il leur paraissait utile de réduire les faux dieux en des figures de rhétorique. Ceci aussi était une utilité prévue par Snorre explicitement.

Et, malgré le fait que Snorre est plus jeune que Sæmund, il vaut peut-être mieux consulter la structure de son Edda d'abord - la seule à été appelée Edda au Moyen âge, l'autre étant d'abord connue comme Codex Regius, ensuite popularisée comme l'ancienne Edda ou l'Edda poëtique.

Celle de Snorre a donc quatre parties. La dernière, écrite en premier, c'est Háttatal - il s'agit d'une liste de formes poëtiques, strophiques, en 102 strophes, commentées du point de vue des vers. Les strophes 1 à 30 sont dédiés au roi Hákon, les strophes 31 à 67 au "jarl" - à prononcer yarle et ça veut dire à peu près duc ou majordome - Skuli, et enfin les strophes 68 à 102 aux deux ensemble.* Or, ces vers sont très traditionnels et utilisent un imaginaire païen que, contrairement aux forme de vers, Snorre n'explique pas. On demande une explication, et il donne Skáldskaparmál - le dit sur la création poëtique, où chaque "kenning" (métaphore utilisant un concept de la mythologie) est expliqué dans sa propre histoire tiré soit de la théologie mythologique, soit de la légende ou histoire mythologique. Ici on trouve la cigogne comme symbole de la naissance, car on disait parmi les païens que l'âme était apportée à la naissance par un dieu qui prenait la forme d'une cigogne ... d'où le symbole d'une association pro-vie.**

Référence vite faite est donc une autre fonction légitime d'une littérature dont on ne croit plus la véracité théologique ...

Or, son publique trouvait aussi Skáldskaparmál trop épais à comprendre sans explication, car on avait pour ainsi dire la légende mythologisée (notamment le récit des Völsungs, aussi connu de Codex Regius dans sa fin, mais c'est chez Snorre qu'on trouve le panorama complet sur plusieurs générations) mais on l'avait sans la mythologie ou théologie mythologique qui allait derrière - comme d'avoir l'Iliade mais pas la Théogonie. Là, Snorre donne Gylfaginning, comment un mage nommé Odin vient en Suède pour séduire les Suédois à son idolatrie. Ceci correspond assez bien à Voluspá, dans le Codex regius, est donc une forme de Genèse païenne - doublée, contrairement à la Théogonie et à Enuma Elish d'une Apocalypse païenne. Évidemment, ni Exode, ni Évangile, la création de la terre se trouve après le Déluge qui noyait les géants, par contre il y a aussi un récit qui rappelle Osiris des Égyptiens.*** Et pour marquer qu'il est Chrétien, Snorre ajoute le prologue, où Odin a une généalogie débutant avec Adam et Ève et continuant avec Noé, à travers notamment Priame de Troie, pour marquer que les Ynglings - la dynastie de Hákon et de Saint Olave - sont, comme toute dynastie européenne qui se respecte, des Troïens, et donc aussi à travers deux autres faux dieux, Kronos et Zeus (on va vous montrer le tombeau de Zeus sur Crète) ou parce qu'il est un latin, à travers Saturne et Jupiter.

Et là, je vois franchement une très grande utilité pour les Chrétiens de nos jours. Jusqu'à maintenant négligé par certains ... ou plusieurs.

Tout d'abord, au début de Gylfaginning, les Suédois commencent d'avoir une philosophie naturelle, incomplète, et donc une curiosité. Par contre, à quelque millenaires de Babel, ils n'ont pas connaissance de la théologie révélée qui aurait satisfait à leurs questions. Donc, il y a un vide. Il ne va pas se combler par une bonne mission chrétienne, encore, hélas. Au contraire, vient un mage qui se fait passer pour un dieu et pour porteparole des dieux, et qui dispose de pouvoir d'illusion, qu'elle était alors diabolique ou juste une hypnose poussée très forte ...

Ensuite, ayant été trompé par ce mage le pauvre Gylfi va encore laisser ce mage usurper son royaume - calme, calme, Odin déscend quand même de Priame et son beau-fils va quand même donner l'origine à un saint de l'Église catholique, ce n'est pas comme si toute Norvège était illégitime ou satanique!

Mais encore, il y a deux autres thématiques qui tiennent au cœur - ou trois, mais j'ai déjà abordé que la mythologie nordique montre davantage de traces du Moyen Orient que des origines supposées indo-européenns.***

D'abord, une mythologie ne naît pas simplement d'un imaginaire parce que l'homme insufisamment instruit serait en plus d'ignare aussi un drogué qui prend automatiquement ses rêves pour réalité. Comme la légende héroïque ou l'histoire mythologique est basé sur histoire, parfois avec des remaniements, et même très grands, aussi la théologie mythologique est basée sur quelque chose, par exemple une tromperie humaine (comme par Odin) ou diabolique (si des démons ont joué le rôle des neufs Muses devant Hésiode) n'est pas débusquée par manque de bonnes bases chrétiennes. Ceci est tout le contraire de ce qu'on pensait de la mythologie au XIXe siècle, et ce qu'on avait pensé de la guerre de Troie entre Wolf (je pense) et Schliemann.

Quand Bergeron dit "[l]a suite nous éloigne du récit biblique" ceci peut se prendre de deux manières. Soit, ça nous éloigne simplement du trame du récit biblique, géographiquement. C'est vrai. Une fois qu'après Genèse 11:9 la Bible ne se concentre plus directement sur l'histoire du genre humain, mais sur ceux qui ont préservé en pureté la révélation primitive, aller voir ce qui se passe nous éloigne géographiquement et culturellement du milieu désormais biblique à l'exclusion d'autres, ou jusqu'au Nouveau Testament. On pourrait aussi le prendre comme quoi ça nous éloigne de la théologie biblique, et ceci n'est pas vrai. Car en disant qu'entre Noé et Priame on a Jupiter à Crète, on décrit Jupiter comme un homme. Ce que faisait régulièrement le Moyen âge. Dans sa prêche sur le crédo, St. Thomas énumère les raisons de l'idolatrie, et je pense que même deux des explications étaient euhéméristes (excessif amour pour un défunt, et flatterie, voir flagornerie). C'est à ce genre de "dieux" qu'on a ici à faire tout d'abord, quand ils viennent en Suède pour se faire adorer. C'est une option sur Odin - Paul le Diacre nie que les Longues Barbes aient rencontré Godan, mais c'est que Godan est Mercure et il vivait 1000 ans plus tôt en Grèce. Réfuté, parce que l'identification d'un dieux païen avec un autre ne réfute pas que les deux peuvent reposer sur des réalités séparés (Baal est identifié à Hercule, mais ça n'empêche pas que Baal était une manifestation du Satan et Hercule un homme très fort - quoique moins poli que Benoît Brisefer). Son autre raison, que c'est le vrai Dieu qui donne la victoire dans les battailles est assez réfutable aussi, si deux tribus voyaient un mage qu'ils prenaient pour celui qui donne les victoires, ils ont pu faire appel à son jugement plutôt que de se battre pour de vrai. Donc, entre Snorre et Paul le diacre, je préfère Snorre, mais les deux sont euhéméristes. Et de nos jours, on prend l'euhémérisme pour une erreur naïve.

Cette idéologie moderne par contre a fait des dégats aussi sur la croyance chrétienne. Si l'euhémérisme est faux, si Romulus et Hercule sont des dieux et donc pas des hommes, si le choix était binaire, il s'ensuivrait que les païens aient mêlé le vrai (éventuel) avec du faux (beaucoup) tout en se prenant pour des transmetteurs de l'histoire. Et quand le Christianisme est attaqué pour d'autres raisons, on prend ceci pour une explication de la Genèse, de l'Évangile, de l'Exode et de davantage encore dans la Bible. Jusqu'à ce qu'on trouve des Catholiques ou se voulant tels qui condamnent le créationnisme comme un "paganisme" parce que la Genèse serait "une mythologie".

Et ceci remonte à Saint François Xavier, qui en Japon s'est posé la question si Bodda, le dieu des Japonais, était un homme ou un pur figment de l'imaginaire. Il conclue pour purement imaginaire, parce que nul homme a vécu 9000 ans - mais les 9000 ans sont dans des diverses réincarnations, et ça ne tranche pas si la dernière de celles-ci, Siddharta Gautama, était un homme. Il est, beaucoup plus réalistiquement, censé être mort à 80. Les autres réincarnations ont pu être, pêle mêle, autres hommes et inventions, sans oublier que les révélations démoniaques ont pu en ajouter. Pour Krishna, un des incarnations avant ressemble à Noé (non, je ne pense pas que Krishna vécut après le Déluge, je pense que Noé et Rama (fils de Kouch, aussi incarnation antérieure selon les Hindous) ont été antéposés avant un Krishna réellement mort avant le Déluge). Il faut démêler entre les croyances intégrales des païens (y compris identifications divines ou comme ici avec idéologies à des prétendues réincarnations) et des faits historiques possibles sur lesquels peuvent se baser les récits sur chaque homme. En ne pas faisant la différence, St Xavier et Paul le diacre ont contribué à la modernité sans la partager, car ni l'un ni l'autre a rejeté en bloc l'euhémérisme.

Donc, en acceptant l'euhémérisme, on accepte aussi que les hommes prémodernes avaient une capacité de retenir les faits historiques au moins à peu près - peut-être que la légende germanique fait un raccourci temporel entre une battaille où Ermanéric meurt et une autre où Théodéric° est victorieux, peut-être que les temps de Krishna (par exemple identique à Jubal, car flutiste) sont présenté en fausse continuité avec une Inde réellement d'après Babel.°° Mais que les deux rois Goths ont été rois, et que Krishna a essayé de faire la paix entre deux branches de sa famille, ceci n'est pas une déduction d'une fausse théologie ou apparu d'une hallucination ou d'un rêve. Et encore moins d'un état prétendument "ancien" où la différence était floue et négligée par routine. Donc, on rend aussi la Genèse davantage crédible historiquement.

Ensuite, quand St. Louis IX brula le Talmud et exila des Juifs, s'il le fit avec d'autres que les prêteurs d'argent, et sinon, c'est possible que la référence a été transposé avec la première affaire, la plupart des rabbins disaient que le Yéchou du Talmud était Notre Seigneur. Deux rabbins ont nié cette équivalence. Par prudence? Peut-être. Ce n'était pas une mince affaire d'avoir un livre accusé de blasphème. Par pilpoul, comme quoi ils pensaient que Notre Seigneur était une "figure mythologique" et donc strictement non-identique à une quelle-conque figure historique? Peut-être. Mais peut-être partie de cette histoire, car je prend dans la fin le récit pour un blasphème contre la Crucifixion, et les martyres de certains apôtres, donc une autre partie, le début, était réellement un autre homme.

Mes candidats pour Odin sont donc, soit un druide gaulois, soit un hébreu rénégat, comme le serait le disciple de Josué Ben Pékharia, le tatoué qui aurait étudié la magie en Égypte. Et je penche surtout vers ceci. Dans ce cas, "Thor, fils de Iorth" ne serait pas né d'une déesse de la terre oublié, mais ce serait une traduction de "ben ha Erets". Et puisque parmi les Suédois il se faisait passer pour l'équivalent de Baal Hadad, s'il s'est répenti et retourné en Terre sainte, ça pourrait expliquer "Boanerges, quod est, Filii tonitrui" - ils faisaient un bruit comme le meuglement d'un bœuf°°° quand Notre Seigneur faisait une légère référence à ce passé ...

Hans Georg Lundahl
Paris
Sainte Cunégonde
3.III.2021

Bambergae sanctae Cunegundis Augustae, quae, sancto Henrico Primo, Romanorum Imperatori, nupta, perpetuam virginitatem, ipso annuente, servavit; ac, bonorum operum meritis cumulata, sancto fine quievit, et post obitum miraculis claruit.

* J'avoue ne pas avoir pu finir Háttatal, mais j'avais déjà lu le prologue, Gylfaginning et Skáldskaparmál. J'ai donc consulté la wikipédie allemande. ** Save the Storks. https://savethestorks.com/ *** Mythologie Nordique - indo-européenne ou proche-orientale? Transmission par Odin? ° Car Théodoric, dit le Grand ou l'Amale est le Dietrich von Bern de la version allemande de la légende héroïque. °° Il y a d'autres indications aussi, à part la chronologie de Kali Yuga que la matière de Mahabharata repose, en partie, et avec remaniements, sur des faits de Genèse chapitre 4. °°° le verbe ergeîn veut dire faire et boân veut dire meugler (dit d'un bœuf).

Monday, March 1, 2021

Un Noble, pouvait-il acheter une meunière sous Louis XIII?


Dans les mémoires de d'Artagnan, on voit une telle occasion, dans la version de 1965 elle se trouve entre pages 69 et 75.

Le meunier est intimidé à prendre une somme d'argent plutôt que de recupérer sa femme, et quant à la possibilité de faire appel à Louis le juste, le gouverneur prétend que, l'argent pris, il n'a plus une chance, parce qu'il aurait vendu sa femme.

Il se trouve, pourtant, que les fameux Mémoires de M.r d'Artagnan, Capitaine Lieutenant de la premiere Compagnie des Mousquetaires du Roy, contenant quantité de choses particulieres et secrettes qui se sont passées sous le Regne de Louis le Grand, Cologne, Pierre Marteau, 1700, sont parues environ 26 ou 27 ans après que d'Artagnan lui-même meurt, en 1673, devant Maastricht. En plus, on connaît l'écrivain derrière les prétendues mémoires : Gatien de Courtilz de Sandras, qui a fait ces pseudo-mémoires en débutant dans la Bastille, où il était prisonnier.

De la vie de d'Artagnan qu’il a pu connaître assez bien, car il fut enfermé à la Bastille alors que Besmaux, ex-compagnon de d’Artagnan, en était Gouverneur, Courtilz a tiré un récit où le vrai se mêle au faux, attribuable au genre romanesque du pseudo-mémoire : il s'agit des Mémoires de M. d'Artagnan, publiées en 1700 (soit 27 ans après la mort du héros gascon), dont s'est à son tour inspiré Alexandre Dumas pour Les Trois Mousquetaires et pour Vingt Ans après.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Gatien_de_Courtilz_de_Sandras

On peut supposer que cette scène entrait dans une satire des mœurs, insérée entre les vrais faits sur d'Artagnan lui-même, plutôt que de se baser sur un évenément réel. Entre autres, il a pu y avoir une pas si fine que ça allusion à Mr. de Montespan, que Louis le Grand (donc, pas "le juste" mais son fils) avait rendu cocu.

En plus, on ouvre un siècle ou il y aura des fantaisies sur le "droit de seigneur" prétendument médiéval, qu'un Beaumarchais va attribuer au comte d'Almaviva* de vouloir faire revivre, 78 ans plus tard.

Je pense donc qu'on peut espérer que le chapitre est du faux.

Hans Georg Lundahl
Paris
Les 260 Martyrs de Rome
en dehors de Porte Salaire
1.III.2021

* Loin en Espagne, comme la scène en question jouait en 1640, 60 ans avant la publication.

Friday, February 26, 2021

Homo erectus already had language - says you, Daniel Everett!


Creation vs. Evolution: The other day I saw an article on "pre-human" language capacity · Assorted retorts from yahoo boards and elsewhere: Neanderthals Spoke · Φιλολoγικά/Philologica: Homo erectus already had language - says you, Daniel Everett!

I will be answering very shortly this video, agreeing with the main finding and disagreeing with one other thing, here it is, thank you for your talk at Harvard Science Book Talks and Research Lectures about a year ago:

Daniel Everett, "Homo Erectus and the Invention of Human Language"
31st March 2020 | Harvard Science Book Talks and Research Lectures
https://www.youtube.com/watch?v=4uUilIN-8gk


In fact, the title is misleading.

It is not about the invention of human language. After hearing you out to 59:35, when applause breaks out, you have very clearly concluded Homo erectus very certainly (or "nearly certainly") already had language. Let me resume your lines of evidence:

  • Levallois tools, or rather larger but same process, have been dated to erectus only (no Neanderthals yet) time periods.
  • Levallois tools per se could possibly also be from pre-Neanderthal ages.
  • The process of Levellois tools is too complex to be transferred by imitation only.
  • They had settlements, with diversified places.
  • They had fire.
  • They used ochre to colour tools.
  • A tool buried by a skeleton suggests deliberate burial.
  • They are there on all continents, which needs sailing.
  • And this is impossible without some kind of human language.


It is very difficult to see why we would withhold the judgement that they likely had language. And what they had to have had was more than simply grunts and squeals. They had to have something that was able to communicate actual content about the world around them, the kind of thing that would have been essential and been discovered in symbols.


Thank you very much, Daniel Everett. I wholeheartedly agree.

I was back in 2005 in Sarlat or somewhere and read a Frenchman attributing to Homo erectus a proto-language of 10 + 10 "phonemes" (but "ad" being another one than "da"), each of which had some kind of abstract or emotional meaning and their combinations resurging in modern words, like Adam and Aden showing two things meaning, I recall, "earth + harmonious" or something. Ah, no. It has to have been more than that.

But how much more?

Well, here I think, Daniel Everett, you shoehorn your conclusions into an Evolutionist shoe that doesn't fit.

Once we take off the burden of languages looking like modern languages, and we realise that a language is the transfer of transfer of information by the discovery and use of symbols and elaboration of those symbols over time, then we see a gradual evolution of language.


No, in fact we don't. In historic linguistics, we see gradual (somewhat) evolutionS of languageS, we can state that between "adiuvare" with its more relevant iterative "adiutare" in Latin and the French "aider" we can place "ayudhar" of Strassburg oaths, which is closely resembling to Spanish "ayudar" (especially as in Spanish "d" is pronounced "dh").

But in Homo erectus we don't see any single gradual evolution of language as phenomenon. We see language already there. In their supposed ancestor, Australopithecus, we see language very clearly not yet there. There is no clear case for toolmaking and neither ear nor hyoid is more human than simian. For hyoid, it is simian. For ear, the external auditory tract and malleus are more human than simian, but the incus and stapes are more simian than human. Not a good starting point to hear consonants the latter, nor to pronounce vowels the former. Even in Solo man, arguably the least human version of erectus preserved, or the least anatomically modern human, all four are more human than simian.

We have no reason not believing the language of Homo erectus looked like a "modern" language. Modern in the sense that everything from Sumerian to Cockney are modern ... and Piraha (from Amazonian jungle) too.

  • talking of concepts that are absent (mentioned, definition of symbol)
  • using recursivity
  • talking of the type of absence (negation, distance, time distance)
  • and ... necessary to get to many symbols ... double articulation.


A simian vocal message is one not so much symbol as icon of emotion or whatever, in one sound. And one gesture. It means one thing, often an emotion (fear, contentment) or enjoinment (come play with me). Look at the work of Dr Katja Liebal here:

Parlez-vous le chimpanzé ?*| Extraordinary Animals | BBC Earth
9th May 2014 | BBC Earth
https://www.youtube.com/watch?v=NBFBbFcixRY


Nothing in Homo erectus suggests this state. In any "modern language" (your special sense), you have messages divided into one or usually more than one morphemes, each meaning something on its own, each being a symbol more often than icon or index, and you have morphemes divided into one or usually more than one phonemes, each of which has no meaning on its own (obviously, a phoneme in a one-phoneme morpheme has a meaning, while used in that morpheme, which is contextually different from when that same phoneme is part of other morphemes).

I described the problem of transition in terms of a telegraph evolving to a computer inventing ASCII from Morse. But Morse has more in common with ASCII than chimp with human. And both Morse and ASCII were invented by actual people intelligently designing things far less complicated than human language is. How do you get a first morpheme that is composed of at least two phonemes in a communication world which has only one phoneme (including scream) per sentence? How do you get a first sentence of three morphemes making subject verb and object, in a communication world where you usually don't talk of absent subjects, and where you may at best have one pointing at a present object to represent object and one sound or other gesture to represent suggested action in the imperative? How do you get a combination of these two?

Now, the problem of transition, supposing there were an evolution, is not solved by claiming the transition happened further back then previously thought.

And on a smaller note, there is no material evidence for the language of Solo man differing from modern languages or even from each one of them. On a creationist view, they would have been speaking Hebrew before the Flood, if possibly with some deafness due to the slightly less than normal human tinge on the form of incus and stapes. At least some kind of Hebrew. If Moses spoke Proto-Sinatic, of which there are traces in the extant form of the Torah, the pre-Flood Hebrew would have been slightly less like Biblical Hebrew than proto-Sinaitic. There is nothing we know of Homo erectus - as opposed to datings**, which are inflated by the K-Ar faults, probably all from volcanism in the Flood - that precludes this.

So, Daniel, thank you for highlighting that Homo erectus were fully human, but be a bit careful about how you throw about allegations of evolutionary gradualism without any evidence!

If you like to take a look at my view on K-Ar dating (most relevant for Homo erectus), see here:

Creation vs. Evolution : Water Temperature, K-Ar Dating, Temperatures around the Ark, and Heating
https://creavsevolu.blogspot.com/2020/02/water-temperature-k-ar-dating.html


Thank you, in advance, for your attention!

Hans Georg Lundahl
Paris
Ember Friday of Lent
26.II.2021

* I view the video in France, and its title is automatically translated for this channel. It means "do you speak chimpanzee?". ** If the "latest" Homo erectus were from a bit more than 100 000 years ago, and if generations never were as long as those of pre-Flood patriarchs, it would be a miracle of coincidence if their language coincided with any one that we know even partially.