Tuesday, February 3, 2026

Pourquoi le secret maçonnique est-il mauvais ?


New blog on the kid : Pourquoi la Franc-Maçonnerie est-elle une secte ? · Φιλολoγικά/Philologica : Pourquoi le secret maçonnique est-il mauvais ?

Débutons avec Disney (qui descend des chevaliers normands d'Isigny, d'où le nom).

Dans le Manuel des Castors Juniors, Riri, Fifi et Loulou consultent des articles (qui au fur et mesure s'ajoutent à un volume de corpus comparable à la wikipédie) qui parfois ajoutent juste une petite correction, mais parfois donnent une info assez inédite ou encore très à propos. Dans un article sur Nicolas Flamel ils pourraient lire qu'il était réputé d'avoir trouvé la pierre philosophale, mais que celle-ci n'ait jamais été retrouvée après. Occasion pour eux de refouiller la chambre secrète dans le sous-sol de sa maison, que pour quelque raison les Oncles Scrooge et Donald auraient eu l'occasion d'accesser avec eux.

Trève de fiction, à part peut-être l'autofiction. Un certain Joseph Smith affirme s'être pour quelque raison doté d'accès à des plâques d'or, inscrites dans une langue que pour quelque raison il sera capable de déchiffrer, et il découvre une histoire qui finit dans le temps du prophète Moroni, entre 400 et 421 AD. Lui-même, il fait cette découverte le 22 septembre de 1823. Personne n'est capable de vérifier de sa mémoire d'avoir entendu du prophète Moroni, indépendamment, on est (entre les premiers Mormons) entièrement livré à faire confiance aveugle à Joseph Smith et aux plâques d'or.

Et Anderson, 1717 ? Il affirme que du passé, ça aurait été la règle de tous les franc-maçons de simplement suivre la religion du pays, mais qu'on venait de décider de se borner à la religion naturelle. La religion d'Angleterre (Anglicanisme), d'Écosse (Calvinisme), de France (Catholicisme) deviennent dès lors comparables à la partie déjà fouillée de la maison de Nicolas Flamel ou à la colline où l'on trouva les plâques d'or. Ou à l'enveloppe d'une lettre ou au papier d'emballage d'un cadeau. Inessentiel. L'essentiel devient alors de remplir le croquis de la religion naturelle. Car, pour un Catholique, ou encore un Anglican ou Calviniste, théologie naturelle et morale naturelle sont des croquis, mais Dieu les a remplis dans la religion Chrétienne — véritable (car il y a des copies fautives) en ajoutant des choses essentielles pour le salut que la simple connaissance de religion naturelle ignore totalement (Trinité, Incarnation, rédemption par Croix et Résurrection ...). Or, si le remplissage de Dieu devient du "papier d'emballage" ce sera aux membres de la loge de faire leur propre remplissage.

Et vu que les nouveaux membres de la loge d'Anderson, première grand-loge, se trouvent devant une affirmation sur l'histoire de la Franc-Maçonnerie qu'ils ne peuvent pas vérifier indépendamment, Anderson et Désaguiliers sont capables à profiter de la même confiance aveugle pour imposer, par exemple, de célébrer Galilée et Giordano Bruno, précurseurs de Newton, comme si "primauté pour les sciences sur la religion" faisait partie de la religion naturelle. Ce n'est pas le cas. Item, les vénérables de la loge sont capables à imposer licéité ou non de la sodomie, du divorce et remariage et j'en passe, parce qu'on leur fait une confiance aveugle.

"Et le Catholique n'aurait pas une confiance aveugle semblable ?" Non. Les règles sont simples :

  • une vérité pour être telle doit avoir été déjà enseignée par le magistère ;
  • et le magistère ne peut rien enseigner en secret.


Si d'ordinaire je laisse le souci à mon prêtre de vérifier leurs vérités chez les prédécesseurs, les prédécesseurs sont quand même déjà publiés. En principe, je peux le vérifier. Pour la Bible aussi, en principe je peux vérifier. C'est peut-être mal vu par certains, mais si je l'ignore, je peux. Pour les vénérables du passé, pour pas mal des choses, ma seule source accessible serait mon propre vénérable, en me posant dans la situation d'un initié.

Si je lis que Riri, Fifi et Loulou font de l'or avec la pierre philosophale, ce n'est pas grave. Je ne le crois pas, au moins pas après de poser la BD. Si je crois que l'église de Moroni ait survécu plus longtemps aux Amériques que l'église des Apôtres dans l'Ancien Monde, c'est pire, surtout si j'ajoute que, entre Moroni et Joseph Smith il y a 1400 ans. Et si je fais confiance à Joseph Smith que Dieu autorise, aussi dans la Nouvelle Alliance, la polygamie. Les deux ont une certaine connexion maçonnique. Walt Disney a probablement été un de Molay, pour son frère Roy, c'est probable qu'il ait été un franc-maçon, même (la maçonnerie propre se fait juste entre adultes et les de Molays sont du scoutisme pour jeunes dans l'esprit de la maçonnerie). Joseph Smith, avant d'être le premier Mormon, a été Franc-Maçon.

Et si votre loge prétend, avec Nicolas Notovitch, que Jésus soit, pas Dieu dans la Chair, mais adepte d'un monastère bouddhiste tibétain, c'est très grave. Nicolas était Juif, et comme pas mal, il trouvait peu populaire et un peu dangéreux de se tenir aux enseignements rabbiniques sur Jésus. Mais comme Juif, il ne voulait pas non plus croire l'Incarnation et la Trinité. Au Tibet, les monastères bouddhistes, comme le Bouddhisme tout cort, commencent bien plus tard que le 1er Siècle. En plus, Max Müller, en correspondance avec le monastère, débusque une fraude derrière l'affirmation de Notovitch.

Et si, en plus, vous faites passer les Catholiques pour niais, parce que nous croyons la Divinité de Jésus, si entre vous ou face à un Catholique (que vous jugez) en train de déconstruire, vous faites passer "les études tibétaines de Jésus" comme le "fait" génial qui dénonce "l'erreur" des Catholiques, vous vous donnez une fausse assurance, doublée d'un mépris des Catholiques, en plus du blasphême.

Quand la version italienne de Quo Graviora parle de "sette clandestine" ou encore "sette clandestine di uomini nemici di Cristo" le mot "setta" (secta en latin et secte en français) est donc beacoup moins grave que "clandestina" (secrète en français), lui-même moins grave que "di uomini nemici di Cristo" (d'hommes ennemis du Christ).

Et le caractère ésotérique, initiatique ou secret de la Maçonnerie peut donner cette fausse sécurité aux membres de s'imaginer dans la présence d'une tradition vénérable, plus ancien que le Moyen âge et mêmes les Césars, tandis que le projet de reduire métaphysique et morale à "religion naturelle" naît en réalité comme fruit de la Guerre de Trente Ans, sur l'idée qu'on pourraît éviter les guerres religieuses en se posant sur un terrain neutre entre Catholiques et Protestants, et de fait on aura juste ajouté encore une religion à faire la guerre aux autres.

Le prédécesseur de la Franc-Maçonnerie, le Rosicrucianisme, a davantage de liens avec le Christianisme, et semble avoir été une version ésotérique du grand réveil. Et commence avec deux tracts anonymes, Fama Fraternitatis Rosae Crucis ou ce n'est pas Jésus-Christ, mais bien un curé qui va en Orient pour se faire initier, et Confessio Fraternitatis qui déduit ce grand réveil de nouvelles étoiles vues dans les Serpentarius et le Cygne. Les livres apparaissent en 1610 et 1615, Cassel et Frankfurt. Bien que la Guerre de Trente Ans n'avait pas débuté, l'Allemagne avait une triste histoire de guerres réligieux, depuis la guerre de Smalkalde, celle-ci préparée par l'incendie d'Einbeck et les propos inflammatoires de Luther et d'autres pour mettre la faute aux Catholiques, comme si le feu avait été une incendie criminelle. Le Rosicrucianisme est donc Protestant, car il propose encore une Réformation. Il est sinon biaisé vers une loi naturelle à refaire, au moin à un Protestantisme aconfessionnel. S'il y ait eu des loges réels ou non, à cette époque, est incertain. La Société peut à ce moment avoir été autant une fiction que la ville dans la Civitas Solis, de Tommaso Campanella. À la fac de latin une autre étudiante fit une analyse sur Civitas Solis. Elle était elle-même plus charmante que la fiction disneyesque (moins l'humour) du Dominicain.

Entretemps, des vraies loges secrètes existent déjà. Et c'est un problème.

Hans Georg Lundahl
Nanterre BU
St. Blaise
3.II.2026

Sebaste, in Armenia, passio sancti Blasii, Episcopi et Martyris; qui, multorum patrator miraculorum, sub Agricolao Praeside, post diutinam caesionem, atque in ligno suspensionem, ubi ferreis pectinibus carnes ejus diruptae sunt, post teterrimum carcerem et in lacum demersionem, unde salvus exivit, tandem, jubente eodem Judice, una cum duobus pueris, capite truncatur. Ante ipsum vero septem mulieres, quae guttas sanguinis, ex ejusdem Martyris corpore defluentes, dum torqueretur, colligebant, propterea, deprehensae quod essent Christianae, omnes, post dira tormenta, gladio percussae sunt.

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