Saturday, December 25, 2010

Cratylus redivivus ...

Quand un enfant babille elle-enne, est-ce qu'il nomme sa tante (ou sœur ou même mère) Hélène? Elle voudra le croire. Si elle est belle, elle a raison. Car jamais chose laide peut être bien dénommée elen. Il y a des Hélène qui sont laides comme il y a des Jean qui sont grossiers ou des Georges qui ni ne prient ni ne luttent ...

Bon, selon la vérité chrétienne, nous fêtons qui le logothète primaire parmi toute créature raisonnable, leur créateur, est devenu un enfant qui babille.

Avec les syllabes qui n'ont jamais bien dénommée chose laide, je vous renvoie aux eaux de Cuivienen dans le mythos de Tolkien. Le premier mot pourrait être un babillement d'enfant: el. Et il se prononce tout juste quand le peuple commence à exister. Il veut dire "regard là", comme "en" en latin, il veut aussi dans la forme développé en elen dire étoile. Comme pour réunir l'enfant qui babille et les trois rois mages. Si le myth grec réunit plusieurs inspirations de la Genèse, la mythologie pour Angleterre est endettée à l'évangile, plus précisemment celui ou ceux d'aujourd'hui. Car il y en a trois.

Un chrétien (ou une chrétienne) aussi ami de Tolkien faisait une carte de Noël avec l'étoile et les trois rois mages et la salutation elfique - les elfes sont le peuple réveillé à Cuivienen, les logothètes dans le myth de Tolkien:

elen síla lúmenn'omentielvo
(une) étoile brille sur (l')heure de notre rencontre


JRRT aurait apprécié, car dans un autre livre il donne la langue quenya aux lutins du père Noël - un homme immortel qui a vécu depuis le début de l'ère chrétienne, qui est donc créé pour célébrer son créateur devenu homme.

Mais là on peut se poser des questions sur la qualité logothétique du quenya. Est-ce que les verbes que Socrate énumère comme ayant un R puisque mouvementés sont les verbes qui contiennent un R en quenya aussi? J'ai oublié la plupart des choses apprises là-dessus dans le bon cour de quenya par Helge Fauskanger. Il y a un terrain pour des tolkienistes plus experts à discuter. Au moins nul doute que Tolkien, en tant que logothète d'une langue à construire avait des ambitions cratyléens: l'épisode connue où il hésitait entre la diphthongue ae et la diphthongue oe et que le regard d'un oiseau (qui devait avoir l'un ou l'autre dans le nom sindarin ou noldorin pour oiseau) le décida très résolument pour ae.

Tolkien n'est pas le seul de s'interesser pour Cratylus, semble-t-il. J'avais lu quelque part dans le sud-ouest une œuvre où la première langue de l'humanité serait un amas de quelques très peu de syllabes (at, al, am, ab ...) dont chacune aurait un sens idéologique ou émotionnelle plutôt que concret et notionnelle. Encore une des tentatives échouées de donner une explication évolutionniste à la langue humaine.

Si Dieu peut faire ou pourrait avoir fait qu'un crossoptérygien ait de postérité amphibienne, il peut avoir créé l'un comme l'autre de rien ou des matériaux de la terre. Si Dieu peut faire ou pourrait avoir fait qu'un être adulte babillant ses sentiments sans vrai lexique puisse avoir Cicéron et Thukydides dans sa postérité, il peut également avoir créé Adam avec le don d'une langue déjà faite - il n'avait qu'être le logothète pour les animaux. C'est le deuxième Adam qui est logothète pour l'Univers. Et ce qu'est plus: son créateur.

Hans-Georg Lundahl
Jour de Noël, MMX
Georges Pompidou/Paris

Tuesday, December 21, 2010

Grec et Latin, deux langues deux destins

Je viens de lire parti de La Naissance du Français.

Environ l'an 600, les évêques en concile décide de récommender un style bas de langue pour la prêche: celui que comprend le peuple. Venire habes plutôt que venies. [De] mansionem/casam plutôt que domus ou domo. Qui se plaignait alors que ce qu'on écrivait venire habes se prononçait vieniraves ou vieniras? On avait l'habitude de faire une écriture plus détaillé en syllabes et plus imprécise dans les diphtongues des voyelles toniques que la prononciation réelle.

Comme si on dirait "mec plutôt qu'homme" ou "être humain plutôt qu'homme". Ou "je suis allé à Saint Jacques en ..." plutôt que "je fis chemin à Saint Jacques en ...". Et biensûr à prononcer Chuiallé ... en écrivant "je suis allé".

L'an 813 ils décident (c'est dans le nord des Gaules) de traduire le sermon en "linguam romanam rusticam". Une autre langue à côté du latin ou de la langue "theutisca". Viendras plutôt que venies.

Précisement comme si on dirait à un prêtre ayant fait l'école française sans latin de traduire systématiquement "viendras" en "venies" et c selon les observations sur la langue latine.

Pour le grec ce n'est pas pareille du tout, on a gardé la glossa katharévousa jusqu'en les années 1970' comme langue officielle. Quitte à qui le voulait de supplémenter les lacunes de l'attique pur néotestamentaire (quand même glossa et non glotta!) de soi-même ou de l'interlocuteur ou correspondant par quelque terme tamponné comme δnμoτιkn.

Et pourtant le premier écrivain en Gaule, Caesar et un des derniers, Camus sont séparés par autant de siècles que Δíωv Kaccιoc de Kazantsakis.

Ceci a un corrélat: dans le huitième siècle, la compétence du latin a du être jugé très différemment par un gaulois et un byzantin. La prétention que "les latins ne comprennent plus leur propre langue qu'à peine, encore moins la notre" doivent être pris comme compétence populaire quant aux langues classiques.

Il y a biensûr des érudits restés en place qui ont maitrisé les langues écrits de leur forme classique, sinon en Gaule au moins en Angleterre (où la langue parlé était proche de la theutisca) et même chose à Reichenau en les Allemagnes. D'où la vacuité complête comme argument théologique "les latins ont mal compris ça, ils ne parlaient plus grec" - même si les diplomates du βacιλeυc ont effectivement constaté ça en place, ça n'a rien à dire sur la compétence lingustiue d'un théologien.

L'argument devient biensûr encore plus spécieux quand on considère pour telle théologoumène - l'Immaculé Conception - que dans ce cas là, les russes auraient souffert de la même incompétence linguistique. Et alors? À Constantinople il y avait des doctes qui pouvaient traduire la phrase grèque en Conceptio Immaculata ou en Conceptio Ste Anne selon ce que voulait dire la phrase grècque. Et quand on introduit une fête de Constantinople, on fait biensûr un effort raisonnable de s'informer sur la signifcation exacte de cette fête. Ce ne sont pas juste nous les Latins qui croyons l'Immaculée Conception, c'étaient les Russes aussi, jusqu'à recevoir le Skirgeal en 16671.

Mais, qu'il s'agisse de ceci ou d'une autre question, ça fait temps que les byzantinistes cessent de faire valoir "malentendu des latins à cause de leur incompétence linguistique". Les byzantins de l'époque, ayant un peuple où l'école donnait accès à la langue classique par Soudas, sauf pour le bas populace, n'avaient pas l'habitude de chercher un savoir linguistique uniquement chez le prêtre du village ou chez l'évêque et les moines d'une ville. Ils jugeaient selon ce que leurs oreilles dans les rues entendaient, que le peuple ne parlait plus le grec du tout ni le latin de César. Ce qui n'est pas faux, mais qui ne vaut pas comme passepartout contre les latins non plus.

Hans-Georg Lundahl
21/XII/2010
Boulogne-Billancourt

1En anglais j'ai fait un peu plus brèvement le même argument avant d'introduire le lien vers une étude approfondie sur la question: pour l'Immaculée Conception chez les Staroviéri, je renvoi par mon introduction à cette étude: Movn aγvn, movn eυλoγnμevn.

Monday, December 6, 2010

After saying I believe Romulus' founding of Rome plausible ...

... why not add I believe Aineias founded Aineia (by leaving the weak ones behind there)?

In other words, I think the Greek were right mainly about their myths.


First off a disclaimer: Greeks did not believe in the true God as revealed to the Hebrews. But neither did they necessarily believe in their own false gods as we believe the true one. Here is a dialogue about their beliefs, the bold are by a modern interviewer come to them in a time machine:

- Guys, is Zeus the son of Kronos?
- Sure thing. That is what everyone is saying anyway.
- It is in the Theogonia by Hesiod.
- And a few things by Homer too, and he lived 100 years before Hesiod.
- Of course, Homer was telling stories for the fun of it.
- And in his hymns he was paying compliments to the gods that were likely to please them. If he guessed wrong, probably Zeus forgave him, or whoever the guy is who rules the heavens.
- Yeah, ok: but how can you be so sure he was the son of Kronos?
- Oh, we are not!
- I mean Egyptians says Horus was the son of Osiris. Is Osiris Kronos and Horus Zeus, or is Osiris Zeus and Horus Herakles?
- Beats me anyway! Not sure they even know of Kronos, I mean maybe their Seth was Kronos, but he was against his brother, not against his father and his sons.
- I think they reckon Seth as Kronos the murderer and maimer. Then again Osiris as both Ouranos and Zeus. Like as same person. Anyway they are saying Horus is the new Osiris, so ... they just mixed up the genealogy a bit.
- Unless we did.
- Hear, hear, he's no patriot! Let's stick with our story and let them stick with theirs!
- And what if neither story is true?
- OK, you are a sophist, no problem.
- We cannot actually prove all that Hesiod heard from the Muses was the truth, whole truth and nothing but the truth.
- I mean poetry and dreams are a bit the same: some come by the ivory gate and some by the golden one.


At least that would have been a typical attitude from Euripides and Socrates and Plato onwards. In Athens. When Hta ceased to be a long broad Ei and became a long Iwta. By the time St Paul was preaching this attitude was taken as common sense. But when we come to Kekrops of Athens and Priamos of Troy the attitude is not quite the same. Let me cite for you "Troy Between Greece and Rome" by Andrew Erskine.1 Here goes page 3, starting last line previous page:

In what follows, I will often refer to the Trojan War and related stories as mythical. In doing so I am adopting a modern perspective, one which distinguishes myth from history, but it is important to remember that the Greeks would not have made this distinction. For them heroes such as Agamemnon, Achilles, Hektor all existed, and the Trojan War was a historical event.


To shorten I abridge examples: Thucydides was not a poet, in the sense Homer was. He was making common sense analyses of motives behind events. Including why Agamemnon was obeyed. Eratosthenes was not a poet either, he was making a Chronology, where the Trojan War was in 1184/3 BC. Pausanias doubted the Trojan horse - would Phrygians have been that gullible?, but not the war. Another source by this time inscriptions giving date after date begins with Kekrops about 1500 before Christ and has Trojan War a bit before 1200 BC. It goes on without any break to things like battle of Salamis or Alexander the Great.

The author believes the ancient ones were mistaken in this view. He argues that Aineia got its mythical founder Aineias as a juridical defence against the harrassments of Thracian tribes. If so these tribes were not very impressed. But scenes we know from the Aeneid, Aineias carrying Anchises out of Troy, were on coins from Aineia dated to 600 BC. Six hundred years before Virgil, nearly. Neither have I verified if he had any complete explanation why that city would have simply forgotten a much more recent "non-mythical"2 founder. A motive is hardly a complete explanation. At least his name would have been preserved. And then the enemies of the city would have said "but so and so, whom you call Nth successor of Aineias was the founder only N centuries ago when we had already discovered this place". I have just skimmed a few pages, if I do find anything approaching a more complete explanation, I will be back.

Hans-Georg Lundahl
Marie du III/Paris
St Nicholas day of Church Year MMXI
or 6/XII/2010 civil date.

1 I give a shorted url, which does not work in Versailles Municipal Library (or did not when I checked last), because they consider that url-burner a porn site: http://o-x.fr/iivv - the code for this one is easy to remember anyway.

2 Actually such one is non-mythic in a real sense too: no stories left about him. Unless as suggested, disguised as a mere successor of a back-projection of himself, but I find that less likely. Whether it is about Aineias and his Sixth-C. BC successors or about St Peter and his VIIth C. successor St Gregory the Great.

Sunday, November 28, 2010

Quelques renseignements sur Biarrots et Biterrois d'après le ouaibe

Wiki, Biarritz

Le gentilé est Biarrot (gentilé gascon devenu officiel, Biarriztar en basque).


Biarrot n'est donc pas un gentilé français. Hmmm ...

D'où vient le toponyme?

Le toponyme Biarritz: Beariz=Viariz (forme attestée pour un autre lieu). < Viarici (génitif latin d'un nom germanique). Un toponyme alternatif serait donc Viaric, Bearic, Biarric. Mais pas vraiment Biterrois.

Un autre dictionnaire sur Biterrois: cité uniquement pour Béziers.

Wiki, Béziers:

Les Romains chassent les Celtibères dès le Ier siècle av. J.-C. pour s'y installer et y créer une colonie, la Civitas urbs baeterrensis. Située à quelques kilomètres de la mer Méditerranée sur le fleuve Orb, traversée par la Via Domitia qui relie l'Italie à l'Espagne, Baeterrae, nom antique de Béziers, prospère jusqu'au IIIe siècle av. J.-C. où l'insécurité ambiante amène la cité à construire des murailles.

Wednesday, November 24, 2010

Quelle discrépance de critères entre Buican et Bloch ...

Buican - je n'ai pas son livre à côté, ça fait quelque semaines depuis la lecture. Mais - c'était dans l'avant-propos ou le premier chapître, crois-je - présume que l'image qui domine tellement l'imagination d'épouvante, celui de Dracula le vampire, serait une mémoire d'avant-humanité, des époques ou "nos ancêtres" reptiliens auraient vécu sous les regards terrifiants de Tyrannosaurus Rex. Le résultat comme archétype Jungien serait alors en même proportion à nous que T Rex à "nos ancêtres":

Quasi: Reptilien pré-mammifère : Tyrannosaurus Rex
=
Petit mammifère pré-primate : tigre à dents de sabre
=
nous : Dracula de Bram Stoker


On peut biensûr se poser la question si nous avons jamais eu des "ancêtres" tellement reptiliens que pour eux Tyrannosaurus Rex aurait le même mélange de familiarité physionomique et menace monstrueux que le Dracula de Bram Stoker a pour nous. Car, on peut se poser la question si l'existence temporelle des choses commences juste avant le début de l'histoire sacré ou des milliards d'années avant les premiers hominides entièrement préhistoriques1. Mais, il y a là un principe qui est vrai:

une mémoire collective peut garder les proportions et le sens général tout en changeant les détails.


Or, c'est ce que semble avoir oublié (au moins un peu) Raymond Bloch, quand il nie la possibilité que Rome ait eu une origine délimitée pré-étrurienne. Série que sais-je? n° 216, Les Origines de Rome: ch. V.

Il est bien évident que la création ex nihilo telle que Tite-Live ou Virgile, nous l'avons vu, la présente, n'est qu'un pur récit légendaire et qu'il nous faut retrouver la réalité historique masquée par ce recit. ... Mais l'archéologie révèle des vestiges très antiques de colonisation sur la colline dont, du reste, la tradition fait le berceau de Rome, le Palatin. ... Il faut sans doute identifier le village situé sur le Germal, croupe ouest du Palatin (la croupe est étant le Palatual), avec le village romuléen dont nous parle la tradition.


Voici une note en bas de page, mes extraits:

Des restes de cabanes dont la base était creusée dans le roc, et de la céramique datant des VIIIe, VIIe siècles, ont été découverts, au début de 1948, sur la croupe du Germal.


La tradition nous parle d'une ville romuléenne, pas d'un simple village. Or, la différence entre ville et village n'est pas vérifiable par l'archéologie. Car si proportion de taille il y en a, et si taille inférieure est village, taille supérieure ville, on peut difficilement savoir quelle était la taille d'une ville politie et quelle était la taille d'un village dépendant au VIIIe siècle avant Jésus-Christ.

D'un côté:

Taille X = ville au VIIIe S. av. J. Chr.
= village au XXe S. A. D.


Mais d'un autre côté c'est parce que:

Taille X (fouilles du Germal) : Romulus au VIIIe S. av. J. Chr.
=
Taille Y (Rome actuelle) : nous au XXe S. A. D.


Car en fin du compte, ce n'est pas la taille qui fait une ville, c'est le fait d'avoir un régime de ville, plus précisement de ville-état, qu'il faut pour la Rome de Romule, pas loin du fait que si Rome est une ville capitale pour l'Italie, le Vatican est une ville-état, en soi.

Je re-cite d'ailleurs les mots qui m'ont plus le plus dans la note en bas de page: cabanes dont la base était creusée dans le roc. Quelque part dans l'évangile on trouve l'affirmation que sage est celui qui creuse la base de sa cabane dans le roc, et viendra le vent et viendra la pluie, et la cabane tiendra, car sa base est solide. L'évangile ne dit pas cabane mais maison, dans le texte? Mais, avec les tailles modestes de l'époque de Romule, on peut bien croire que ces cabanes étaient des vraies maisons, considérées comme telles socialement.

Je crois avoir par là même révindiqué au moins la moitié de ce que Raymond Bloch attaque dans le témoignage de la tradition de Tite-Live. Pour les concernés, ce qu'on a trouvé sur le Germal était une ville avec des maisons, même si pour nous ça ressemble un village avec des cabanes.

Vient chapître VI. Je cite:

Historiquement donc, la création de Rome a bien dû se passer comme la légende nous la décrit. Et tout d'abord un prêtre entièrement voilé, le bâton augural à la main, interrogea les auspices, se renseigna sur la volonté des dieux, de son lituus il traça un templum dans le ciel, et il vit, d'après le vol des oisaux qu'il y put observer, que les dieux étaient favorables au dessein des hommes. Alors le fondateur, de sa charrue tirée par une vache et un bœuf blancs, traça le sillon qui devait marquer dans le sol les limites de la future ville. Il rejeta la terre à l'intérieur de ce sillon et ainsi fut délimité le pomœrium, cette zone sacro-sainte qui entoura d'une sorte de tabou la cité naissante.


C'est bien pensé au moins qu'avant de tracer quoi que ce soit sur le sol, il faut avoir les idées claires sur le ciel. Même aujourd'hui on trace le temple dans le ciel avant de le faire sur le sol: car les églises sont orientées, c à d tournées vers le Soleil Levant. Et toujours on devait faire les églises avant les maisons. Si on ne le fait plus, c'est que les héliocentriques ont tracé autre chose dans le ciel que La Croix du Sud comme portail du Paradis Céleste, puisque constellation cruciforme.

Au moins la cérémonie décrite est celle telle que la tradition l'a donné à Tite-Live. Mais cette tradition est passé par une période étrusque. Est donc possible, quoique pas du tout certaine que ça serait une projection en arrière des nouvelles modalités pour la fondation d'une ville:

Quasi: Rite X (comprenant un sillon ou autre limite que Remus ait ensuite franchi) : Romulus au VIIIe S. av. J. Chr.
=
Rite Y (précité) : les Étrusques du VIe S. av. J. Chr.

mais est également possible que:

Rite de Romule au VIIIe S. av. J. Chr. = Rite habituel des Étrusques du VIe S. av. J. Chr.


Comme d'ailleurs le rite habituel des Étrusques du VIe S. av. J.-Chr. est très probablement identique à celui des Romains du Ier S. av. ou après J.-Chr., quand par exemple ils ont fondé Augusta Treverorum (Trier en allemand, Trèves en français). Car, même si Romulus n'était point Étrusque, il est possible que les idées religieuses étrusques étaient déjà dans l'air. D'où l'invalidité de la conclusion suivante, je continue immédiatement la citation du chapître VI:

Mais cette cérémonie solennelle, que la tradition attribue, nous l'avons vu, au légendaire Romulus, et place vers le milieu du VIIIe siècle, fut lœuvre de l'envahisseur étrusque, qui, conquérant le Latium, apporta avec lui les coutumes et rites de fondation urbaine, ...


D'abord je ne suis pas sûr d'avoir lu en Tite-Live ou ailleurs quoi que ce soit sur une invasion étrusque. Une certaine période Rome avait une suite des rois dont le premier et le dernier étaient d'origine étrusque, mais ça ne prouve pas une invasion. Ni que les étrusques eux-mêmes étaient les premiers d'apporter en Latium leur rites de fondation urbaine.

... et rassembla un bloc unique, en une véritable cité ...


- c'est à dire selon les critères postérieures au VIIIe S. av. J. Chr. -

... les villages encore mal unis entre eux qu'il trouve perchés sur les collines tibérines.


Ça me parait donc un peu plus probable. C'est d'ailleurs soutenu par les trouvailles archéologiques. Mais ça n'équivaut pas une négation prouvée de la fondation par Romulus. Le chapître prochain nous donne encore une citation fort contestable:

En vérité voici un tableau de la vie constitutionnelle de la Rome primitive qui parait bien détaillé et ceci ne peut manquer de nous en faire suspecter un peu l'exactitude.


Pourquoi? Chez la fondation fédérative par George Washington, Jefferson, Franklin et al. on ne remet pas en doute l'exactitude de la constitution écrite. Serait-ce uniquement parce que nous avons le manuscrit originel des founding fathers?

Ici encore l'historiographie romaine a transposé dans une époque fort lointaine des institutions d'un temps postérieur.


Pourquoi ça? C'est une pure divination, presque etrusco ritu!

Les tyrans étrusques n'ont pu accepter de voir leur pouvoir aussi étrangement limité alors qu'ils avaient pour eux la force des armes.


Ah, d'accord!2 Oui, les rois étrusques comportaient au moins un tyran. Oui, la constitution romuléenne n'est pas tyrannique. Alors elle est postérieure aux tyrans étrusques. Et la force d'armes pour les tyrans, ça doit biensûr être la fait primitif! Mais non! Le premier roi de Nod avait sa vendette pour lèse-majesté limité à vendette septuple, ce n'est qu'après qu'on a vu une septième génération demander une vendette septua-septuple. Et peut-être le septième roi de Rome sans postérité nous renseigne pourquoi la généalogie de Caïn s'arrète avec le septième, lui aussi tyrannique.

Hans-Georg Lundahl
In Pompidoliana Bibliotheca
Lutetie Parisiorum
die 24 novembris A. D. MMX

1C'est la question exactement que je réponds en faveur d'une existence courte du créé sur Creation vs Evolution, dont le régistre français (qui est pour messages sur un autre blog) est plus général que le régistre anglais.

2Ironie.

Tuesday, November 16, 2010

Is St Patrick's Breastplate Druidic in its inspiration?

I do not know, but I do not think it very likely.

There is the Psalm Dominus Reget Me which in English is known as The Lord is my Shepherd.

There is the Christian's armour of Ephesians Ch 6, verses 11 - 20.

There is above all Azaria's prayer in Daniel 3:26 - 90 (verses not available in Protestant Bibles). And the All Saints' Litany.

I am no judge of original verse form, but Irish Pagan versification was not exclusively druidic, there were also the bards. So, if St Patrick did use an Irish pre-Christian verse form, he may have learned it from the bards. Or in his native Welsh surroundings (probably North Welsh in present Scottish Westcoast: if Strathclyde has nothing reminding of St Patrick, that is due to vandalism of its Reformation).

Why then this obsession of making St Patrick's breastplate druidic except for obvious Christian confession? There is this pretty recent tradition, largely masonic in inspiration, that pretends to resurrect druidicism. And since genuinely druidic customs and poetry are sorely lacking for the purpose, these men also take to Christianity from just after Conversion up to Settlements of Protestants in Ulster. Or, for that matter, anything Welsh in Welsh Christianity before Reformation, excepting only, in both cases, such things as were obviously shared by Catholics everywhere, like Hail Mary's and Rosaries, like devotion to the Blessed Sacrament.

The most obvious example of this bad habit is of course to take Souling Custom as a survival of Pagan Samhain. The link I offer is pretty good, I will give an excerpt which contains both the gist and the one bad thing:

The better-off would give out small cakes or loaves in exchange for prayers for their dead relatives.


Why just the better off? To give a cake or two is after all in the power of anyone. Or nearly so. Make it anyone not an all year round beggar, anyone having a cottage or house.

St Patrick's breastplate is so much closer to druidic times - indeed he prayed the prayer to escape druids' magic - but I still find it more probable he did use the originally Christian sources for his work.

Hans-Georg Lundahl
Paris, Mairie de III
16/XI/2010, Feast of
St Margaret of Scotland

Friday, November 12, 2010

Nouvelles questionnettes de philologie


Blanc en verlan

La règle première du verlan est: en disyllabes échanger la position des syllabes.

"Lan-ver" ("l'envers") > "verlan".

Pour mon oreille d'étranger, donc fautive, "noir" = "nou-ar" et devrait donc donner "arnou". Pour les oreilles françaises "noir" = "nouar" = juste une syllabe, = la règle première n'est pas applicable. Comme pour "beur", qui est déjà en soi verlan.

La règle deuxième dit qu'un monosyllabe C1VC2 - ou surtout C1aC2 se retourne C2euC1: "femme"="fam" > "meuf", "(a)rab(e)" > "beur".

La règle troisième semble applicable aux adjectifs: "louche" > "chelou".

D'abord, "louche" est normalement un monosyllabe: "louch'". Ensuite la consonne finale est traitée comme le debut d'une autre syllabe: "lou-che", ce qui permet l'application indirecte de la règle première: "che-lou". Item pour "noir" > "noi-re" > "re-noi", item pour "beur" > "beu-re" > "re-beu". Louche et noir sont adjectifs. Beur est substantif, mais comme nom ethnonyme est applicable en adjectif. J'opte pour l'analyse "noi-re" (correcte dans la prononciation académique) et "beu-re" et "lou-che" (inexistants) en tant que formes au moins théoriques du féminin comme base de "re-noi" et "re-beu" et encore "che-lou". D'où ma conjoncture: le verlan de "blanc" doit être "cheblan": "blanc" > "blanche" > "cheblan".

martyr et martyre:

  • la personne est un ou une martyr (lat. hic vel haec martyr)
  • la confession hardie jusqu'à souffrir une mort imposée est un martyre (hoc martyrium)