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Saturday, April 11, 2026
Est-ce qu'un écrivain est un homme instruit ? Et, est-ce qu'un homme instruit aime Dostoïevski ?
Je n'ai pas lu Les Frères Karamazov. J'ai lâché Crime et Punition après la moitié, juste regardant à la page finale. Une nuit, quand j'étais en 10e ou 11e année scolaire, au lycée (Seconde ou Première selon le système français), j'ai lu la première moitié. J'ai dû interrompre pour petit-déjeuner et une journée de sport. L'expérience était traumatisante, à un tel niveau que je n'ai pas pu résumer la lecture où je l'avais lâché, ce livre.
J'ai par contre lu une bande dessinée, des Classics Illustrated. Sur la vie de cet auteur, l'activité avant la fausse exécution et le temps en Sibérie après. Assez franchement, j'aime moins bien l'écrivain (une fois les romans approchés) que la personne humaine.
Et la personne humaine n'est pas non plus ma tasse de thé totalement. Désolé, c'est pas avec moi qu'on discute ce Fiodor.
Suis-je donc mal instruit ? Et, est-ce que ça me disqualifie comme auteur ?
D'abord la question de principe. Un auteur doit pouvoir écrire de quelque chose qu'il connaît bien, pour l'avoir inventé très en détail (comme Tolkien inventa le Quenya) ou pour avoir bien étudié la question (comme Tolkien était expert de batailles, pas juste des siennes à la Guerre de 14—18). Mais "instruit" ? Pas si le mot renvoie à la reconnaissance et la familiarité avec un canon préexistant, dont selon certains Dostoïevski.
Platon n'avait pas lu Beaudelaire. Aristote n'avait pas lu Boileau. Virgile et Homère n'avaient pas lu les Inklings Tolkien et Lewis.* Si même être un auteur canonique ne vous oblige pas de connaître, reconnaître et aimer un certain canon litéraire, alors être auteur tout court ne vous n'y oblige pas non plus.
Si être auteur veut dire apporter un point de vue spécifique (certains définiraient être essayiste ainsi) simplement partager le point de vue d'une masse d'hommes est en contraste avec cette description. L'auteur n'est pas le bon écolier qui se fait instruire par les moyens que son prof juge les moyens de s'instruire. Il peut avoir un côté de ça, mais il ne l'est pas par essence.
Je ne suis pas le bon écolier ambitieux qui cherche des lectures en fonction de ce qui va socialement me gêner ou profiter. J'ai cherché la lecture d'Homère et de Virgile parce que CSL et JRRT semblaient les trouver très bons à lire. Et j'ai pris l'opinion de ces deux auteurs, pas en fonction d'une ambition sociale (à l'époque ça aurait été encore davantage foûtu de le faire en Suède), mais en fonction de mon propre goût.
Si je regarde un autre essayiste aussi de la Scanie, Frans G. Bengtsson, il cultiva Homère directement par son goût (et peut-être un brin d'ambition sociale, parce qu'Homère était déjà prestigieux), mais à ma meilleure connaissance, pas Dostoïevski.
Avant de connaître l'auteur*** des Mérovingiens qui laissent pousser les cheveux, je connus déjà Gilbert Keith Chesterton. À droite sur cette image° :
Apprécié°° jusqu'à par le pape:
Encore un homme ou deux qui n'étaient pas totalement fans de Dostoïevski. Pour Tolstoï, Chesterton admirait le raconteur mais déplorait le penseur.
Mais, quand même, Dostoïevski n'est pas rien. Il écrit très bien sur les faits de culpabilité, du choix moralement mauvais, de l'existence de la loi divine et de l'occurrence de sa négation par des méchants ! En effet. J'ai un jour décrit Tolkien comme un homme capable à donner des messages essentiels de Dostoïevski mais de le faire dans un récit pas trop sombre, donc lisible.
Pourtant, les Inklings, ce n'est pas juste Dostoïevski moins l'illisible (pour ma sensibilité, au moins, voir en haut), mais aussi une solide connaissance de Chesterton et de St. Thomas. C'est de Tolkien que je me vais vers Chesterton, et c'est de Chesterton que je me vais vers St. Thomas d'Aquin. Homme assez inconnu par Dostoïevski, chose à méditer pour ceux qui prétendraient que tous et chacun devraient connaître et apprécier un canon spécifique avant de devenir éventuellement des écrivains.
Et contrairement à Dostoïevski, le Docteur Angélique est lisible, pour moi.°°°
Je pense que d'aimer St. Thomas vaut aussi bien d'être considéré instruit comme d'aimer Dostoïevski. Au minimum. Mais comme dit, l'auteur n'a pas besoin d'être un homme instruit dans un canon litéraire. Item pour le fait d'aimer Chesterton et les Inklings, pas le moins si on y ajoute Hilaire Belloc et Charles Maurras.
Hans Georg Lundahl
Nanterre BU
Samedi de Pâques
11.IV.2026
Images sourcées: Frans G. Bengtsson (1894-1954), Swedish author, with his son Joachim.}} |Source =''en:Vecko-Journalen'', Christmas issue 1943 |Author =Unknown photographer. |Date =1943 or earlie; George Bernard Shaw, Hilaire Belloc, and G. K. Chesterton; Telegram sent by Cardinal Eugenio Pacelli (the future Pius XII) on behalf of Pope Pius XI to the people of England following the death of Chesterton
* JRRT et CSL, vu que parmi les Inklings se trouvaient aussi le fils de Tolkien, Christopher, et le frère de Lewis, Warren H. **De långhåriga merovingerna *** L'image avec le fils Joachim est par un photographe inconnu, de 1943 et en domaine public. ° Également en domaine public, 1927, The Guardian. J'apprécie également Hilaire Belloc, au milieu. °° L'image n'est pas en domaine public, car créé en 2013. Par contre les conditions CC BY-SA 3.0 me permettent de l'utiliser. Et l'ayant droit semble ne plus exister sur wikimedia: AmChestertonSoc = probablement American Chesterton Society. °°° Je pense avoir un peu mieux compris Prima Via que ce qu'en exprime Chesterton en son livre sur St. Thomas. What's the Nature of Theism and the Pagan Alternative to Theism in Romans 1? Par contre, Chesterton exprime très bien Tertia Via en son livre et après d'avoir feuilleté Gilson, il dicte la seconde moitié de son livre à sa sécretaire. Gilson réplique en disant qu'il avait raison. Did Chesterton Even Read Any Aquinas? w/ Dale Ahlquist.
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