Thursday, December 4, 2008

Escapisme

Sud Ouest, dimanche 25 septembre*, citation à la conclusion de l'article "Le gout des autres mondes" p 10 - 11:

"'Cet incroyable retour du fantastique dans l'édition jeunesse pourrait faire redouter chez les jeunes une évasion du réel; mais libraires et éducateurs constatent un impact positif sur la lecture des jeunes' note Guillemette Tison...'N'est-ce pas parce que, symboliquement, ces autres mondes vers lesquels ils se dirigent sont ceux de l'âge adulte, proches et lointains à la fois?'"



D'abord: qu'est-ce que veut dire réel?
  • A: Dieu, la réalité éternelle, sans début ni fin.

  • B: Toutes les réalités éternelles ou sempiternes créés: qui ont début mais pas fin.

  • C: Toute la création et histoire temporelles, qui a début et fin.

  • D: Chaque aspecte ou partie génuine de chaque catégorie ci-dessus.



Chaque oeuvre fictive, fantastique ou non, se trouve dehors de les catégories mentionnées. Sherlock Holmes est aussi irréel qu Frodon.

continué en 2008:
Ou plutôt, les oeuvres ont une réalité précisement comme oeuvre de construir une fiction et comme livres contenant les lettres exprimant ceces fictions, sur papier ou sur internet. Mais ce qu'est une fiction réelle est précisement par ça un documentaire ou une histoire irréelle.

Ensuite: qu'est-ce éviter le réel?

D'abord, les gens (souvent jeunes) qui lisent "le Seigneur des Anneaux", "Harry Potter", ou "Le Monde de Narnia" n'évitent pas les livres, ni l'internet, qui sont des réalités incontestables.

Ensuite, le fait de lire des fiction ne les pousse pas forcément à éviter des livres ou sites internet qui traitent de la réalité documentaire ou historique. Si on évite les télénouvelles, on n'évite pas forcément pour ça les histoires de Robert E Lee ou des Chouans, qui sont belle et bien des réalités historiques.

Enfin, si on considérait qu'il soit "évasion du réel" de lire les biographies de Robert E Lee ou de Taram (vrai biographie et fictive), par le fait que les lecteurs évadent leur travail réel ou leurs ambitions personnelles réelles, ou encore leur situation réelle, c'est faux car c'est un usage abusif du mot "réel". La vie passée sur les livres est autant réelle comme vie que la vie passé sur le champ, qu'il soit du travail, ou encore de l'honneur.

Enfin: est-ce que les "mondes irréels" sont symboliquement sont ceux de l'age adulte?

C'est à chacun à choisir de vivre ou de ne pas vivre comme adulte ce qu'il y a de vivable dans les livres. Et à la Providence de Dieu d'accorder ou de ne pas accorder les choix faits.

Mais normalement, les livres donnent accès à quelque chose d'autre que le vécu futur probable. Ce n'est pas à tous de réussir de vivre ses rêves.

Et normalement, le lu diffère du vécu en tant qu'histoire finie, avec debut, milieu et fin. Notre fin réelle et totale n'arrive pas avant le jour de la Ressurection. Le lu peut, par là, donner un prégout de la réalité oublié que la vie a une finalité. Et aussi un arrière-goût, souvent caché dans le quotidien des gens qui ont la chance d'être lecteurs, ce quotidien censé être plus réel, de la futilité des ambitions, et de l'hazard quant à réussite et faillite.

Hans Lundahl


*2005, je présume: l'année que je pouvais lire le Sud-Ouest

2 comments:

Hans Lundahl said...

Série sur la bonne écriture, français: 1 En tout art ... 2 Escapisme 3 "repli identitaire" - tenèbres du laïcisme"

Hans-Georg Lundahl said...

Escapisme ne s'épelle pas forcément irréel, fictif, fantastique - on peut faire de l'escapisme d'un rendez-vous chez le dentiste en travaillant son vrai travail - mais les rélations entre ces autres catégories m'interessent aussi:

Fantastique, fictionnel, réel, irréel